Cartes de couverture mobile : les élus veulent une carte des objets connectés et des zones blanches
Le décommissionnement des réseaux 2G/3G conduit l'Arcep à simplifier ses cartes de couverture mobile. Si la simplification est bienvenue, l'Avicca et la FNCCR veulent avoir une carte des usages de la 2G/3G et une carte des zones blanches. Quant aux opérateurs, certains traînent des pieds sur l'éventualité d'une carte fondée sur les débits.
© monreseaumobile.arcep.fr
La 2G doit s'éteindre d'ici fin 2026 et la 3G à l'horizon de fin 2028 ou 2029 selon les opérateurs. Cela impose à l'Arcep de revoir "Mon réseau mobile", fondé sur des cartes par technologie. À court terme, l'autorité propose que les opérateurs publient dès novembre, une carte unique voix et SMS, toutes technologies confondues, et cessent de lui transmettre leur carte 2G.
Pour 2027, devrait suivre une suppression de la carte 3G / données mobiles. Verrait alors le jour une carte "très haut débit" 4G/5G, indiquant où ce service est disponible. Serait simulé le téléchargement d'un fichier de 2 Mo, contre 512 octets aujourd'hui. Des pistes qui ont fait l'objet d'une consultation publique à laquelle ont répondu opérateurs et représentants des collectivités.
Les élus veulent une carte des usages
L'Avicca et la FNCCR veulent cependant que l'arrêt des cartes de couverture 2G et 3G soit conditionné à la production de cartes d'utilisation de ces réseaux. Elles soulignent que ces technologies, même si les volumes sont faibles, servent à piloter des objets connectés, certains usages étant très sensibles (téléassistance, ascenseurs, compteurs…). Elles notent aussi que les simulations informatiques fournies par les opérateurs génèrent "des écarts entre la couverture théorique et l'expérience vécue localement". Elles proposent que l'Arcep publie donc "des cartes d'utilisation", indiquant où subsistent des communications 2G et 3G, avec une carte d'intensité de connexion, utiles aux collectivités pour gérer la transition. Selon les deux associations, les opérateurs mesurent déjà ces indicateurs : cela ne leur demanderait "aucun travail supplémentaire".
Zones blanches et couverture
L'Avicca et la FNCCR veulent aussi que la carte 3G reste accessible comme référence : il s'agit de pouvoir comparer la couverture des différentes générations et de vérifier que le passage à la 4G/5G "ne s'accompagne pas d'une réduction de cette couverture". Si l'Arcep et les opérateurs balaient cet argument, elles estiment que le risque existe, du fait des différences de performance des fréquences utilisées par les opérateurs. Garder cette carte serait un moyen de mesurer cette variation.
Dans le même esprit, les deux associations demandent que les zones blanches soient plus explicites : aujourd'hui l'affichage se fait opérateur par opérateur et la comparaison est peu aisée. Elles réclament des "cartes inversées" matérialisant les zones blanches pour chaque génération technologique, sur le modèle de celles construites localement dans le cadre du New Deal mobile.
Le Cnafal, une association familiale, soutient cette idée de carte des zones blanches, qui serait utile aux personnes électrosensibles voulant identifier les zones les moins exposées.
Réticences des opérateurs sur la carte très haut débit
L'arrêt des cartes 2G et 3G fait consensus chez les opérateurs (Free n'a pas répondu) Bouygues télécom voulant même arrêter la carte 3G dès 2026.
La carte très haut débit fait davantage débat. SFR y voit une "totale rupture" : jusqu'ici, la carte disait si l'on peut se connecter, "sans notion d'un niveau de qualité de service associée". Avec un test plus lourd et une fiabilité toujours exigée à 98%, elle craint des cartes qui affichent moins de zones couvertes alors qu'elle ne devraient selon lui que mesurer "l'accessibilité au réseau". Bouygues Telecom ne veut pas alourdir le protocole mais fait remarquer qu'il faut aussi tenir compte de l'encombrement des réseaux qui jouent sur la performance. L'opérateur demande a minima une expérimentation.