Énergie : les réseaux de chaleur et de froid poursuivent leur développement
En 2025, la France comptait 1.073 réseaux de chaleur, s'étendant sur 8.395 kilomètres, soit une hausse de 6% par rapport à 2024, et près de 3.000 bâtiments raccordés supplémentaires, selon l'enquête annuelle publiée ce 22 octobre sous la tutelle du service de données et études statistiques (Sdes) des ministères chargés de l’environnement, de l’énergie, de la construction, du logement et des transports. Les réseaux de froid urbains, beaucoup moins nombreux, ont augmenté leurs livraisons de 11% par rapport à 2024 et font valoir leurs atouts pour affronter des épisodes caniculaires de plus en plus fréquents et intenses.
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Avec 55.319 bâtiments raccordés en 2025, soit 5,5% de plus qu’en 2024, les réseaux de chaleur, qui s'étendent sur 8.395 kilomètres (+6%) poursuivent leur développement, selon l'enquête annuelle qui leur est consacrée publiée ce 22 octobre. Réalisée en partenariat par la Fedene et Amorce sous la tutelle du service de données et études statistiques (Sdes) des ministères chargés de l’environnement, de l’énergie, de la construction, du logement et des transports, l'étude indique qu'ils ont livré 29,4 TWh de chaleur aux utilisateurs finaux (hors pertes de distribution et livraisons à d’autres réseaux de chaleur), soit une hausse de 4% entre 2024 et 2025, alors que leur puissance thermique - 25,9 GW en France continentale – est restée stable par rapport à 2024.
Ces systèmes restent principalement concentrés dans les grandes villes : ceux situés dans une unité urbaine de plus de 200.000 habitants représentent 31% du nombre et 67% de la puissance thermique de l’ensemble des 1.073 réseaux de chaleur en 2025. Souvent gérés par des collectivités locales pour chauffer des bâtiments via une chaufferie collective, ils sont particulièrement présents en Île-de-France (10,3 GW), en Auvergne-Rhône-Alpes (3,4 GW) et dans le Grand Est (2,6 GW), rappelle l'étude.
Prédominance des énergies renouvelables
En 2025, les réseaux ont consommé 39 TWh d’énergie pour la production de chaleur, soit 4% de plus qu’en 2024. Leur bouquet énergétique est dominé par les énergies renouvelables (EnR), qui représentent 49% de la consommation des réseaux en 2025, et le gaz naturel (32%), y compris le biométhane injecté sur le réseau. Au sein des énergies renouvelables, la biomasse est le premier combustible utilisé, avec 26% de la consommation des réseaux, suivie par les déchets renouvelables (15%).
Entre 2024 et 2025, la consommation d’énergies renouvelables ainsi que celle des énergies de récupération ont augmenté de 5%, tandis que la consommation de gaz naturel a augmenté de 6%. Mais depuis 2010, la consommation d’énergie pour la production de chaleur à partir d’énergies renouvelables a plus que quadruplé et celle issue d’énergies de récupération a doublé, souligne l'étude. Cette croissance des combustibles renouvelables et de récupération s’est accompagnée d’un recul du gaz naturel (-18% entre 2010 et 2025) tandis que le charbon (11% de la consommation totale en 2010) ainsi que le fioul et GPL (8%) ne sont désormais quasiment plus utilisés.
Le secteur résidentiel reste le principal bénéficiaire de la chaleur produite par les réseaux de chaleur, avec 15,6 TWh livrés en 2025, suivi par le secteur tertiaire avec 10,0 TWh. Le secteur industriel achète 2,8 TWh de chaleur auprès des réseaux, tandis que les secteurs de l'énergie et de l'agriculture se partagent à eux deux 1,1 TWh.
Une production de froid qui s'accroît aussi
En 2025, les réseaux de froid ont aussi poursuivi leur croissance. Au nombre de 52, ils ont desservi un peu moins de 1.900 sites différents à travers 314 km de canalisations, pour un peu moins de 1,0 TWh de froid livré aux utilisateurs finaux (+11% par rapport à 2024). "Ces réseaux répondent aux enjeux sanitaires et de confort d’été tout en limitant les émissions de carbone associées au rafraîchissement grâce à la mobilisation de l’énergie issue notamment des eaux des fleuves, des lacs ou de la mer ou encore de la géothermie", fait valoir la Fedene en rappelant qu'en 2025, le contenu carbone moyen des réseaux de froid était de 20 gCO ₂/kWh en analyse de cycle de vie. Des atouts que leurs promoteurs mettent de plus en avant face à des épisodes caniculaires appelés à se multiplier et à s'intensifier.