EPR du Bugey : la qualification de projet d’intérêt général actée par décret
Après le site de Penly (Seine-Maritime) en janvier 2025 et celui de Gravelines (Nord) en juillet, c’est au tour du projet de construction d'une paire de réacteurs électronucléaires sur le site du Bugey (Ain), à côté de la centrale existante, au bord du Rhône, d’être qualifié de projet d'intérêt général par un décret paru ce 26 mars.
Pour rappel, la loi n°2023-491 du 22 juin 2023 relative à l'accélération des procédures liées à la construction de nouvelles installations nucléaires à proximité de sites nucléaires existants et au fonctionnement des installations existantes (article 8) prévoit la simplification de la mise en compatibilité des documents d’urbanisme avec un projet de réalisation d’un réacteur électronucléaire à proximité d’une centrale existante, grâce à sa qualification de projet d’intérêt général décidée par décret en Conseil d’État. La mise en compatibilité des documents d’urbanisme à laquelle il peut être recouru dans ce cadre simplifié est à la main du préfet de département comme le précise un décret (n°2025-669) du 17 juillet 2025.
Début décembre le projet du Bugey avait essuyé un sérieux revers devant le tribunal administratif de Lyon (lire notre article) contraignant à reprendre la procédure de modification des documents d’urbanisme (ScoT et PLU) qui anticipait l'installation des deux nouveaux réacteurs EPR 2 sur le territoire.
Le site identifié pour implanter la nouvelle paire de réacteurs EPR2 (d’une puissance de 1.670 MW chacun, dans le prolongement des quatre réacteurs de 900 MW chacun existant déjà) se situe plus précisément sur les communes de Loyettes et de Saint-Vulbas dans l’Ain, et de Saint-Romain de Jalionas dans l’Isère, à 40 kilomètres de trajet de Lyon. L’emprise prévue pour l’accueil des réacteurs EPR2 est d'environ 220 hectares.
Le débat public, organisé sous l’égide de la Commission nationale du débat public (CNDP), s’est tenu du 28 janvier au 15 mai 2025. La durée prévisionnelle du chantier, sur lequel pourraient travailler plus de 8.000 personnes, est de l’ordre de 12 à 15 ans, y compris les travaux préparatoires. Le raccordement au réseau de transport d’électricité nécessitera notamment la création de quatre lignes électriques de 400.000 volts.
| Référence : décret n°2026-213 du 24 mars 2026 qualifiant de projet d'intérêt général le projet de réalisation d'une paire de réacteurs électronucléaires à proximité du site du Bugey, JO du 26 mars 2026, texte n°50. |