Pévèle Carembault : réhabilitation et surcyclage pour la friche Agfa (59)

Près de Lille, la communauté de communes Pévèle Carembault a réhabilité le site industriel historique d’Agfa, pour installer une zone économique. Le nouveau siège de l'intercommunalité y a également trouvé place, dans des bâtiments rénovés écologiquement et équipés de mobilier issu du surcyclage. Le tout, sans sacrifier l’architecture de début XXe.

Lorsque l’entreprise Agfa annonce la fermeture de son site de 17 hectares à Pont-à-Marcq, la communauté de communes Pévèle Carembault (CCPC) repère une opportunité. À quelques centaines de mètres de ce site, une zone d’activité économique était justement en projet. Mais « artificialiser des terres agricoles, alors qu’un site occupé depuis 1935 se libérait, cela n’avait pas de sens », explique le président de la CCPC. La communauté de communes fait donc le choix de préserver les terres agricoles, en offrant une seconde vie à un patrimoine industriel.

Un partenariat efficace

Pour mener à bien cette opération d’envergure, la CCPC s’est appuyée sur l’Établissement public foncier (EPF) des Hauts-de-France. Initialement proposé à 5,5 millions d’euros par Agfa, le site est finalement acquis pour 1,6 million d’euros par l’EPF des Hauts-de-France. Celui-ci assure ensuite le portage foncier ainsi que les travaux de désamiantage et de déconstruction, pour un montant total de 3,6 millions d’euros.

En parallèle, la CCPC rachète les deux bâtiments administratifs Agfa, situés à l’entrée du site. La communauté de communes voit là l’opportunité d’installer son siège, afin d’améliorer son fonctionnement. Ses bureaux étaient alors répartis sur trois sites. Le reste du foncier est repris par la Société publique locale Batixia, qui lance les travaux pour accueillir un futur parc d’activités économiques. « Nous n’avons pas eu à débourser un centime pour la partie consacrée à l’activité économique. Portage, négociation, désamiantage… l’EPF a été un véritable facilitateur, à la fois politique et technique », précise le président de la CCPC.

95 % du mobilier issu du surcyclage 

La transition environnementale a guidé l’ensemble des choix d’aménagement des bureaux du siège. Les deux bâtiments, construits à des époques différentes, ont été reliés et réhabilités avec soin. Le premier, construit dans les années 1930, a conservé sa façade Art déco, grâce à une isolation intérieure. Le second, d’inspiration années 1950, a été isolé par l’extérieur, dans le respect de la trame architecturale d’origine. « Nous avons souhaité préserver l’histoire du lieu, tout en l’inscrivant dans le présent », résume le président.

Un investissement de 5 millions d’euros a permis à la CCPC de créer des locaux lumineux, fonctionnels et performants sur le plan énergétique : isolation en matériaux biosourcés, installation de panneaux photovoltaïques, reprise complète de la toiture… Résultat : une réduction de 70 % des consommations énergétiques du site après travaux. 

L’aménagement intérieur prolonge cette logique vertueuse. 95 % du mobilier est issu du surcyclage, avec 85 % directement récupérés sur le site Agfa. « Plutôt que de jeter pour racheter du neuf, nous voulions réutiliser et transformer ce qui existait. » Chaises et fauteuils rénovés, armoires reconditionnées, tables de réunion fabriquées à partir de palettes… avec l’appui d’une entreprise locale d’agencement et d’une structure d’insertion : l’impact environnemental du chantier est pensé et contenu jusque dans les moindres détails.

Un lieu ouvert

Les travaux, engagés en février 2023, se sont achevés en un peu moins d’un an et demi. Depuis juillet 2024, 120 agents travaillent au siège, dans des espaces pensés en concertation avec eux. « Pour être attractif en tant qu'employeur, il faut proposer de bonnes conditions de travail. C’est une réalité que nous avons pleinement intégrée et le site est aujourd’hui très apprécié par les équipes. »

Le nouveau siège ne passe pas inaperçu non plus auprès des visiteurs. « Plus de 1 200 personnes sont venues à la soirée d’inauguration, en septembre 2024. Et lorsque des partenaires extérieurs viennent, ils demandent souvent une visite commentée. Ce lieu est devenu inspirant ! » Une reconnaissance confirmée par l’obtention du trophée rev3 du Bâtiment Durable du CD2E*.

 

CD2E : Centre dexpertise et daccompagnement dédié à l’éco-transition des territoires des Hauts-de-France.

Le projet en quelques chiffres

  • 1,6 million d’euros : prix d’acquisition des 17 hectares par l’EPF des Hauts-de-France
  • 3,6 millions d’euros : coût total acquisition + désamiantage + déconstruction des 17 hectares
  • 10 000 euros : prix de reprise des bâtiments par la CCPC (3 700 m²)
  • 5 millions d’euros : coût des travaux de rénovation et d’aménagement par la CCPC
  • 750 000 euros : soutien financier de la Région Hauts-de-France
  • 3,6 millions d’euros : prix de reprise du foncier économique par la SPL Batixia
  • 70 % : taux de diminution des consommations énergétiques du site après travaux
  • 95 % : part du mobilier issu du surcyclage, avec 85 % provenant directement du site

Communauté de communes Pévèle Carembault

Nombre d'habitants :

101976

Nombre de communes :

38
47 Avenue du Général de Gaulle
59 710 Pont-à-Marcq

Voir aussi

Découvrez nos newsletters

  • Localtis :
    Propose un décryptage des actualités des collectivités territoriales selon deux formules : édition quotidienne ou notre synthèse hebdomadaire sur l’actualité des politiques publiques.

  • Territoires Conseils :
    Recevez tous les quinze jours la liste de nos dernières publications et l'agenda de nos prochains rendez-vous.

S'abonner aux newsletters