Environnement - La Confédération générale du logement alerte sur les écarts de prix de l'eau en France

Une nouvelle fois, une association de consommateurs lève le voile sur les écarts de prix considérables de l'eau en France, d'un département à l'autre et parfois même entre des localités voisines. Dans une étude publiée ce 10 décembre, la Confédération générale du logement (CGL) dénonce ainsi une "jungle" des prix de l'eau. L'association a comparé pour l'année 2012 les prix moyens, les médianes, les écarts de prix des départements métropolitains et d'outre-mer puis regardé les différences entre les prix des grandes villes et ceux des communes de moins de 10.000 habitants avant d'examiner les différents modes de tarification pratiqués sur divers territoires. Résultat : "L'examen des 6.328 prix recensés dans les départements métropolitains et d'outre-mer est édifiant : la disparité et le niveau élevé d'un grand nombre de prix sont devenus la règle, ils entraînent de grandes injustices entre les consommateurs selon qu'ils habitent dans le Tarn ou dans l'Hérault, par exemple", souligne la CGL. Mais "ces disparités existent aussi à l'intérieur d'un même département, voire entre des villes voisines." L'association cite le cas, dans la région Ile-de-France, de trois communes des Hauts-de-Seine voisines de Paris : alors que le m3 d'eau est facturé 3,01 euros dans la capitale, il est de 3,68 euros à Saint-Cloud, de 3,95 euros à Boulogne-Billancourt et va jusqu'à 4,24 euros à Suresnes. "Sur 3.451 prix avec assainissement, nous avons relevé 316 prix différents et sur 2.877 prix sans assainissement 144 prix différents. Ce sont donc 460 tarifs différents pratiqués sur les 6328 prix étudiés", constate la CGL.
Les moyennes départementales font apparaître un éventail très large de prix. Ainsi, le prix du m3 (assainissement inclus) s'élève à 4,15 euros en moyenne nationale (2,06 euros hors assainissement) mais avec un écart pratiquement du simple au double entre départements pour les tarifs avec assainissement (5,72 euros en moyenne dans le Tarn-et-Garonne, contre 2,92 euros dans la Haute-Vienne), et de 1 à 3 assainissement exclu (3,50 euros/m3 en Ille-et-Vilaine contre 1,10 dans l'Ariège).
Les écarts constatés peuvent être encore plus importants à l'intérieur de certains départements, souligne la CGL. Pour les prix incluant l'assainissement, les écarts vont de 5,83 euros par m3 en Seine-et-Marne à 0,02 dans le Territoire-de-Belfort. Pour 10 départements, aucun écart de prix n'a été relevé dans les échantillons examinés. En Charente, où les prix de 15 communes ont été examinés, aucune différence de prix d'une commune à l'autre n'a été constatée. Pour les prix hors assainissement, les écarts vont de 1,60 euro par m3 dans l'Aisne à 0,04 euro dans les Pyrénées-Orientales. Il n'existe aucun écart dans 19 départements pour cette catégorie de prix. En Vendée, où les prix de 276 communes (sur 282) ont été passés au crible, aucune différence de prix d'une commune à l'autre n'a été constatée.
Sur les prix avec assainissement des 4.451 communes étudiées, 1.737 ont un prix supérieur à la moyenne nationale et les 10% de prix les plus élevés sont 2 fois supérieurs aux prix les moins élevés, pointe encore la CGL. 42 départements ont un prix moyen supérieur à la moyenne départementale (3,76 euros).
L'étude note aussi que la France rurale est pénalisée par rapport à la France des grandes villes : en clair, "les prix des 'petites communes' connaissent une très grande disparité alors que les prix pratiqués dans les grandes villes ont tendance à s'homogénéiser, même si les différences sont loin d'être négligeables".
"Des prix moyens départementaux qui varient du simple au triple, (...) des écarts très importants au sein d'un même département voire entre communes voisines, des prix élevés dans beaucoup d'endroits, une France rurale qui paie son eau plus chère, des grandes villes qui tirent leur épingle du jeu, telle est la situation des prix de l'eau en France", a résumé la CGL.
L'organisation de défense des consommateurs, qui dénonce par ailleurs la complexité des grilles tarifaires et des modes de facturation, plaide pour une harmonisation progressive des prix, en suivant l'exemple d'une petite quarantaine de départements et d'un nombre croissant de groupements de communes, citant notamment en exemple la communauté urbaine de Nantes, le Grand Dijon, l'agglomération de Montpellier ou la communauté d'agglomération des Portes de l'Eure .
"Il n'y a aucune raison objective pour qu'une harmonisation qui se pratique sur certains territoires ne puisse pas se généraliser", juge-t-elle, soulignant qu'une telle démarche pourrait constituer "une première étape d'un cheminement vers un prix unique du m3 d'eau en France".
 

 

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