Le Comité européen des régions au soutien des maires de France
La présidente du Comité européen des régions a adressé une lettre de soutien aux maires français après les "saccages" du dernier week-end, tout en soulignant que les "aspirations exprimées par la jeunesse française" – et plus largement le "malaise démocratique" – n'étaient pas spécifiques à la France. Plusieurs manifestations se sont d'ailleurs déroulées – ou sont prévues – dans plusieurs États membres.
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Dans une lettre ouverte adressée à David Lisnard, président de l'Association des maires de France et maire de Cannes, ainsi qu'aux maires de Paris, Marseille, Lyon et Limoges, la présidente du Conseil européen des régions, Kata Tüttő, a fait part de la "profonde solidarité" des membres du comité avec l'ensemble des maires et des collectivités de France touchés par les "saccages survenus le 17 octobre". "Il est particulièrement regrettable que de tels actes viennent occulter le libre exercice de la démocratie, fragiliser le débat public et contribuer à un climat de haine et de défiance, à quelques mois d’une élection présidentielle française qui revêtira une importance déterminante non seulement pour la France, mais également pour l’avenir de l’Union européenne", y déplore-t-elle.
Un "malaise démocratique pas propre à la France"
L'élue hongroise (PES) estime dans le même temps que "cette solidarité avec les élus locaux ne saurait toutefois faire oublier la nécessité d'entendre les préoccupations exprimées par la jeunesse française", dont les "aspirations font écho à celles de nombreux jeunes dans d'autres pays", liant ainsi les deux phénomènes.
De même, Kata Tüttő "tien[t] à souligner que le malaise démocratique auquel nous assistons ne constitue pas une réalité propre à la France. Dans plusieurs États membres, les élus locaux et régionaux sont confrontés à une défiance croissante envers les institutions, à la polarisation du débat public et à des attentes sociales auxquelles les pouvoirs publics doivent apporter des réponses".
Des violences également en Italie et en Belgique…
Le dernier week-end a d'ailleurs été marqué par diverses manifestations dans plusieurs États membres, et parfois par des scènes de violence, voire de guérilla urbaine, au sein ou en marge des cortèges.
Singulièrement en Italie – à Milan mais aussi à Turin, Bologne… –, à l'occasion de manifestations en faveur "du travail, de la paix, de l'environnement, du bien-être", organisées notamment par la CGIL (l'équivalent de la CGT), ou "contre la vie chère". Face aux "violences et pillages" dans la capitale lombarde, le secrétaire général de cette confédération a d'ailleurs ressenti, ce 18 octobre, "le besoin d'exprimer le soutien de la CGIL aux forces de polices de l'État et à l'administration municipale". Par ailleurs, un nouveau décret-loi devait être examiné en conseil des ministres ce 20 octobre "pour renforcer davantage les instruments de lutte contre la violence", annonçait la veille sur X Fratelli d’Italia, le parti de la Première ministre Giorgia Meloni.
En Belgique également. "Samedi, les violences survenues à Bruxelles et à Liège ont rappelé celles qui ont éclaté en France", observe le quotidien Le Soir, tout en soulignant que "si les colères se rejoignent parfois, elles ne sont pas nécessairement portées par les mêmes revendications". Et de relever qu'"en Belgique francophone, la contestation s'inscrit notamment dans l'opposition aux réformes de l'enseignement et aux économies prévues par la fédération Wallonie-Bruxelles", motivations qui ne sont pas si éloignées de celles avancées initialement par certains organisateurs du mouvement lycéen français.
L'ordre du jour de la session plénière du Parlement européen, qui s'ouvrait ce 19 octobre, a d'ailleurs été modifié en dernière minute pour y ajouter plusieurs demandes de débat sur ces événements (des Patriotes, de la Gauche…). Toutes ont été rejetées, à l'exception de celle portée par le PPE (parti populaire européen) – sur "les récentes violences antidémocratiques perpétrées par des groupes radicaux d’extrême gauche, leurs répercussions pour l’ordre public et le droit légitime de manifester" en France, en Italie et en Belgique – qui a donné lieu à des échanges le soir même.
Et des manifestations un peu partout
À des degrés divers, et pour des motivations parfois proches, parfois différentes, des manifestations se sont également déroulées – ou sont prévues prochainement – en Espagne, au Portugal, en Grèce ou encore en Albanie, candidate à l'UE.