Le président de la région Grand Est demande la "suspension immédiate" de l'accord avec le Mercosur
La décision de l’Union européenne de suspendre les importations de viande bovine et de volaille en provenance du Brésil constitue "un désaveu cinglant pour l’accord avec le Mercosur", estime le président de la région Grand Est, Franck Leroy, dans un communiqué du 2 septembre, appelant à "suspendre immédiatement un accord devenu indéfendable". Quatre mois après l’entrée en vigueur provisoire de cet accord de libre échange avec les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay et Bolivie), la Commission européenne a décidé de fermer les portes de l’Union européenne à compter du 3 septembre aux viandes en provenance du Brésil à qui elle reproche de ne pas respecter les règles sanitaires européennes. "Ce que nous dénoncions depuis des mois n’est donc plus un risque théorique. C’est désormais un fait", fustige le président du Grand Est, pointant "l’absurdité de la situation". "On ne peut pas demander à nos agriculteurs de respecter les normes sanitaires, environnementales et de bien-être animal les plus exigeantes au monde et, dans le même temps, accroître la concurrence de productions dont nous sommes incapables de garantir qu’elles respectent les mêmes exigences", pointe-t-il. Une contradiction jugée d’autant plus "insupportable" après l’été catastrophique que viennent de vivre les agriculteurs. "Le changement climatique impose déjà à nos agriculteurs une adaptation extrêmement difficile. L’Europe n’a pas à leur imposer en plus une concurrence déloyale qu’elle aurait elle-même organisée", poursuit-il, précisant qu’aucune filière n’a été épargnée dans le Grand Est. Le gouvernement devait présenter, ce jeudi, un plan d’aide aux agriculteurs touchés par la sécheresse mais a annoncé le report de sa présentation en raison des montants importants en jeu.
"L’Europe doit suspendre l’accord maintenant et attendre la décision de la Cour", estime Franck Leroy. Le Parlement européen avait saisi la Cour de justice de l’Union européenne le 21 janvier pour vérifier la conformité de l’accord avec les traités européens (lire notre article). La Commission européenne n’en a pas tenu compte.