Mouvement lycéen : les rythmes scolaires concentrent les premières remontées de la consultation nationale
À peine une semaine après son ouverture, la plateforme de consultation lancée par le gouvernement à destination des lycéens a déjà recueilli plus de 76.000 contributions. Les premiers résultats, dévoilés sur X par le Premier ministre, Sébastien Lecornu, le 11 octobre 2026, mettent en avant une critique de l'organisation du temps scolaire. Ce qui fait écho aux travaux de la Convention citoyenne sur les temps de l'enfant, dont les propositions remettaient en cause dès 2025 l'organisation traditionnelle de la journée et de l'année scolaires.
© Aurélie Roudaut
C'est le principal enseignement des premières remontées de la consultation ouverte sur la plateforme Agora dans le contexte des mobilisations lycéennes de cet automne. Selon les données communiquées sur X par Matignon, 71% des contributions évoquent les rythmes scolaires, qu'il s'agisse de journées jugées trop longues, d'emplois du temps déséquilibrés ou encore d'une charge de travail considérée comme excessive. Le sujet arrive nettement devant les autres préoccupations.
Plus d'un lycéen sur deux (51%) fait également part de difficultés liées aux bâtiments scolaires ou aux conditions matérielles d'accueil dans les établissements.
Viennent ensuite les questions de remplacement des enseignants absents (28,5%), les effectifs par classe (24%) et les enjeux liés à Parcoursup et à l'orientation (14,5%).
Ces premiers résultats confirment que les revendications des lycéens portent sur des aspects très concrets de la vie quotidienne au lycée, depuis les horaires de cours jusqu'aux conditions d'apprentissage.
Lancée par le ministère de l'Éducation nationale afin de renouer le dialogue avec les élèves, la consultation restera ouverte jusqu'au 23 octobre. Une restitution nationale est attendue à la fin du mois.
Des attentes qui dépassent les seuls rythmes scolaires
D'autres enseignements émergent de la synthèse consultée par Le Monde. Les questions pédagogiques et les examens représentent 15,9% des contributions. De nombreux élèves jugent les méthodes d'enseignement insuffisamment adaptées, estimant les cours parfois trop peu interactifs ou réclamant une plus grande diversité pédagogique.
Les préoccupations liées au bien-être apparaissent également en bonne place. La santé, notamment la santé mentale, est évoquée dans plus de 12% des contributions. Les élèves s'expriment aussi sur la restauration scolaire, la démocratie lycéenne, les transports ou encore les moyens non enseignants.
Le sujet du téléphone portable - dont l'interdiction au sein des lycées est plus ou moins mise en œuvre depuis 1er septembre 2026 - n'échappe pas au mécontentement lycéen (voir notre article). Une partie des répondants conteste en effet l'interdiction actuelle, plaidant pour un assouplissement des règles.
D'autres contributions portent sur l'offre de spécialités et de formations, certains lycéens jugeant celle-ci insuffisamment diversifiée selon les territoires.
Relire les travaux de la Convention des temps de l'enfant ?
La place prise par les rythmes scolaires dans la consultation rappelle les conclusions de la Convention citoyenne sur les temps de l'enfant, organisée sous l'égide du Conseil économique, social et environnemental (Cese).
Après plusieurs mois de travaux, les 133 citoyens tirés au sort avaient souligné le caractère parfois inadapté des organisations scolaires aux besoins physiologiques et cognitifs des jeunes.
Parmi leurs propositions figuraient notamment un début des cours à 9 heures à partir du collège, une meilleure répartition des temps d'apprentissage au cours de la journée, un allongement de la pause méridienne ou encore une limitation à quarante-cinq minutes des cours dans le secondaire. La convention plaidait également pour une réflexion globale sur les temps éducatifs, périscolaires et extrascolaires.
Les participants insistaient par ailleurs sur la nécessité d'améliorer les conditions matérielles d'accueil des élèves. Ils préconisaient un vaste plan de transformation du bâti scolaire sur le long terme, afin d'adapter les établissements aux enjeux éducatifs, sanitaires et climatiques. Une orientation qui trouve aujourd'hui un écho dans les résultats de la consultation lycéenne, alors que plus d'une contribution sur deux évoque précisément les locaux et les équipements.
Autre convergence notable : la question des effectifs. La convention citoyenne considérait déjà la réduction du nombre d'élèves par classe comme une condition essentielle de l'amélioration des apprentissages. Un sujet qui apparaît également parmi les préoccupations les plus fréquemment citées par les lycéens.
Des amendements au PLF 2027
Sébastien Lecornu a rappelé que le gouvernement "déposera des amendements au projet de loi de finances pour 2027 pour reprendre certaines propositions formulées par les lycéens". Reste à savoir lesquelles.
Deux nouvelles journées de mobilisation auront lieu mardi 13 octobre, la première à l'appel des organisations lycéennes et d'une intersyndicale de l'éducation, la deuxième samedi 17 octobre à l'appel des gilets jaunes, syndicats et navigants aériens, au premier jour des vacances de la Toussaint.