Qualité de l'air en 2025 : des dépassements de normes réglementaires persistants
Si les émissions de nombreux polluants ont nettement diminué depuis 2000, des dépassements des normes réglementaires de qualité de l’air et plusieurs épisodes de pollution ont encore marqué l’année 2025, selon le bilan annuel de la qualité de l’air extérieur publié par le ministère de la Transition écologique le 14 octobre.
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Près de trente ans après la promulgation de la loi dite LAURE qui a consacré "le droit de chacun à respirer un air qui ne nuise pas à sa santé", "des progrès importants ont été réalisés" mais "la persistance de dépassements des normes réglementaires rappelle que la qualité de l’air demeure un enjeu de santé publique et nécessite la poursuite des actions engagées", souligne le ministère de la Transition écologique en publiant le bilan 2025 de la qualité de l'air extérieur en France. Réalisé par son service des données et études statistiques (SDES), le document dresse un état des lieux des émissions et des concentrations de polluants, des dépassements des normes réglementaires et des épisodes de pollution observés en France en s’appuyant sur les données du dispositif national de surveillance de la qualité de l’air, les modélisations de la plateforme Prév’air et les estimations nationales des émissions.
Nette réduction des émissions des principaux polluants depuis 2000...
Entre 2000 et 2025, les émissions de plusieurs polluants ont fortement diminué, note le bilan, avec une baisse de 64% pour les oxydes d’azote (NOx), de 51% pour les particules (PM10), de 57% pour les particules fines (PM2,5) et de 89% pour le dioxyde de soufre (SO2). "Ces évolutions témoignent des progrès réalisés dans la réduction des émissions liées notamment aux transports, à l’industrie et au chauffage", appuie-t-il. Toutefois, les concentrations de fond de NO2 (dioxyde d'azote), de PM10 et de PM2,5 ont légèrement augmenté en 2025 par rapport à 2024, avec un retour aux niveaux de 2023 pour les PM10 et PM2,5. Celles en ozone (O3) ne suivent pas de tendance significative depuis 2000 et ont également progressé entre 2024 et 2025, dans un contexte marqué par des conditions météorologiques favorables à sa formation.
Normes réglementaires toujours dépassées dans plusieurs agglomérations
En 2025, des dépassements des normes réglementaires de qualité de l’air ont été constatés pour quatre polluants (NO2, PM10, O3 et nickel) dans certaines parties du territoire. Pour le NO2, le nombre d’agglomérations présentant des dépassements des valeurs limites en 2025 est en légère hausse par rapport à 2024. Quatre agglomérations sont concernées (Paris, Marseille, Montpellier et Perpignan), soit 2,5% des agglomérations disposant de mesures de NO2 en 2025.
À Paris, les dépassements des normes réglementaires ont été constatés sur les mêmes stations de mesure qu’en 2024 et les concentrations moyennes annuelles sont en légère hausse entre 2024 et 2025. L’agglomération de Marseille a de nouveau été concernée par un dépassement de la norme réglementaire annuelle en 2025, ce qui n’était plus le cas depuis 2021. "Cela s’explique par l’ouverture d’une nouvelle station de mesure à proximité du trafic routier", précise l'étude. À Montpellier, la situation est assez similaire entre 2024 et 2025 tandis qu’à Perpignan, la norme réglementaire annuelle a de nouveau été dépassée alors que des concentrations annuelles inférieures à cette norme avaient été mesurées les deux années précédentes. Pour les PM10, la norme réglementaire journalière en 2025 n’a pas été respectée à Mamoudzou à Mayotte uniquement. Celle pour le nickel (Ni) n’est dépassée que dans l’agglomération de Béthune sous influence industrielle, sur la plateforme industrielle d’Isbergues.
Pour l’O3, la norme réglementaire est dépassée en moyenne sur 2023-2025 dans 13 agglomérations, contre 17 sur la période 2022-2024. "Bien qu’encore conséquent, ce nombre est le plus faible jamais observé depuis 2000", souligne le bilan. Les agglomérations concernées (7,7% des agglomérations disposant de mesures d’O3) sont de tailles très variables : deux d’entre elles comptent plus d'un million d’habitants (Lyon et Marseille-Aix-en-Provence), 46% ont moins de 100.000 habitants et 31% moins de 25.000 habitants. Ces agglomérations se situent dans les régions Provence-Alpes-Côte d’Azur, Auvergne-Rhône-Alpes et Grand Est.
"Des progrès significatifs ont toutefois été réalisés : pour le NO2 et l’O3, l’ampleur des dépassements est plus faible ; pour le NO2 et les PM10, le nombre d’agglomérations présentant des dépassements de normes réglementaires a diminué", souligne le ministère.
Disparités territoriales marquées
La baisse du pourcentage d’agglomérations avec des dépassements des normes réglementaires de qualité de l’air pour le NO2 et les PM10 à l’échelle nationale masque néanmoins de fortes disparités territoriales, indique le rapport. Sur la période 2013-2025, 29 agglomérations de plus de 150.000 habitants, sur les 47 qui disposent de mesures de qualité de l’air sur cette période, ont toujours respecté la norme réglementaire annuelle de qualité de l’air fixée pour le NO2. À l’inverse, l’agglomération de Paris enregistre des dépassements chaque année mais avec une baisse dans l’intensité des dépassements. Lyon arrive juste derrière avec 11 années de dépassement, également avec une diminution de la moyenne annuelle et un passage sous la barre des 40 µg/m3 en 2024. La norme réglementaire annuelle est respectée depuis 2022 à Rouen et depuis 2023 à Strasbourg. Après plusieurs années avec des dépassements des normes réglementaires de qualité de l’air, la situation s’est améliorée il y a un peu plus longtemps pour certaines agglomérations telles que Grenoble, Nice, Reims, Toulon et Toulouse.
Le bilan relève le cas particulier de Montpellier où après quatre années sans dépassement de la norme annuelle (de 2019 à 2022), celle-ci n’a de nouveau pas été respectée de 2023 à 2025. Une situation résultant de l’ouverture durant l’année 2022 d’une nouvelle station de mesure située à proximité du trafic routier. À Perpignan, la situation est similaire : la norme annuelle a été dépassée en 2021, 2022 et 2025 alors que cela n’était plus arrivé depuis 2003. Là encore, cela s’explique par l’ouverture d’une nouvelle station de mesure à proximité du trafic routier en 2021. De la même manière, la norme réglementaire annuelle a de nouveau été dépassée à Marseille en 2025, après trois années sans dépassement, à la suite de l’ouverture d’une nouvelle station de mesure située à proximité du trafic routier fin 2024.
Trois épisodes de pollution en 2025
Par ailleurs, le bilan fait état pour l’année 2025 de trois épisodes de pollution à l’ozone en juin et au début du mois de juillet, ainsi que de trois épisodes aux particules PM10 en janvier, mars et novembre, en France hexagonale. "Ces épisodes résultent de la combinaison de différentes sources de pollution et de conditions météorologiques favorisant l’accumulation et la formation de polluants dans l’atmosphère, notamment en raison de températures en dessous des normales de saison en janvier, qui ont favorisé l’usage du chauffage à bois, et de conditions anticycloniques qui ont favorisé l’accumulation de ces particules ainsi que de celles issues du trafic routier, de l’activité industrielle et même de brumes de sable du Sahara en novembre", indique-t-il. Les Antilles et la Guyane ont également été touchées par des épisodes locaux de pollution liés aux brumes de sable.