ZAC Tigre-Maringouins, un écoquartier durable en milieu équatorial
En Guyane, une friche de l'île de Cayenne devient un écoquartier durable adapté au climat équatorial.
© ZAC Tigre-Maringouins
En bref
Frise chronologique
Chiffres clés
Part d'écomatériaux locaux (bois, terre) 40 %
Amélioration du Coefficient de Biotope par Surface 40 %
Besoin de climatisation tertiaire couvert par le froid solaire 50 %
À retenir
Une gestion de l'eau fondée sur la nature (noues et bassins paysagers) pour réduire le risque inondation à l'échelle intercommunale.
La reconversion d'une friche de 189 ha en quartier durable, réponse concrète à la crise de l'habitat guyanais.
L'industrialisation de filières locales bas carbone (bois, latérite) portée par l'éco-construction.
Montage du projet
- Subvention France 2030 : 2 341 424 €
Zoom
Une friche de Cayenne transformée en écoquartier durable
Sur l'île de Cayenne, au cœur de la Communauté d'agglomération du Centre littoral (CACL), le secteur de Tigre-Maringouins cristallise les défis de la Guyane : une croissance démographique soutenue, une crise du logement et une forte pression sur des milieux naturels sensibles.
Classé Opération d'intérêt national, ce périmètre de 189 hectares est longtemps resté une friche enclavée, marquée par des nuisances industrielles. Il accueillera désormais un nouveau quartier durable sur 41 hectares. Porté et aménagé par l'EPFA Guyane, lauréat du programme Démonstrateurs de la Ville Durable (France 2030), le projet repose sur quatre innovations conçues pour le climat équatorial.
Reconvertir une friche stratégique face à la crise de l'habitat
En limite de Rémire-Montjoly, desservi par le premier transport en commun en site propre du territoire qui le relie aux bassins d'emploi, Tigre-Maringouins est inscrit au PLU depuis 2019, via une orientation d'aménagement et de programmation. L'opération transforme un foncier morcelé en deux phases, l'arrivée des premiers habitants étant conditionnée à la fermeture de la décharge des Maringouins.
À terme, le quartier comptera 1 102 logements libres et sociaux, 9 630 mètres carrés de commerces et de services, deux groupes scolaires, deux crèches, un équipement culturel, une esplanade et un parc inondable. Une reconversion exigeante, à l'image des projets d'adaptation des territoires au changement climatique soutenus par la Banque des Territoires.
Une gestion de l'eau fondée sur la nature
En milieu équatorial, la maîtrise du risque d’inondation est déterminante. Plutôt que de s'en remettre au seul génie civil, le projet fait le choix d'une gestion hydraulique alternative et intégrée, qui s'appuie sur le vivant. Noues paysagères sur 6,4 kilomètres et cinq bassins de rétention tamponnent les eaux pluviales à l'échelle du quartier.
Les cotes hydrauliques des ouvrages respectent les seuils de la doctrine départementale, ce qui réduit le risque à l'échelle intercommunale.
Renforcer la biodiversité et la trame écologique
Bien qu'anthropisé, le site abrite des poches humides et un corridor écologique fonctionnel. Le projet en fait un levier : la fonctionnalité écologique de chaque lot est mesurée par le Coefficient de Biotope par Surface, qui progresse de 40 % entre l'état initial et l'état projeté. Avec le parc inondable et le corridor préservé, la nature s'installe au cœur du quartier.
Bâtir bas carbone avec les ressources du territoire
Une éco-construction locale
Le projet vise 25 % de bois et de briques de terre comprimée dans la construction, et 40 % d'écomatériaux locaux. L'ambition dépasse les bâtiments : industrialiser de nouvelles pratiques pour structurer les filières guyanaises de la latérite et du bois. Une démarche créatrice d'emplois et de valeur locale, au service d'une construction bas carbone.
Pour faire émerger ces solutions, des appels à manifestation d'intérêt (AMI) mobilisent et financent les porteurs de projet qui développent des modes de construction innovants et bas carbone.
Le froid solaire pour la climatisation
Sous le climat guyanais, la climatisation pèse lourd dans les consommations. Les équipements tertiaires seront équipés de systèmes performants de froid solaire, qui couvriront 50 % de leurs besoins thermiques. Associée aux écomatériaux, cette solution permet d'éviter 50 tonnes de CO₂ par an et de réduire de 30 % les émissions de gaz à effet de serre du projet.
L'accompagnement de la Banque des Territoires
Opéré par la Banque des Territoires dans le cadre de France 2030, le programme Démonstrateurs de la Ville Durable accompagne les lauréats, de l'incubation jusqu'à leur maturité. À Tigre-Maringouins, cet appui se traduit par une subvention de 2 341 424 euros, complétée par un soutien technique : ingénierie, mise en réseau et conseils d'experts mobilisés aux côtés de l'EPFA Guyane.
La Banque des Territoires contribue ainsi à faire de cet écoquartier équatorial un démonstrateur reproductible pour l'aménagement durable en outre-mer.