Adaptation de la forêt au changement climatique : le gouvernement présente un plan pour "accélérer la mobilisation"
La ministre de la Transition écologique Monique Barbut a appelé ce 21 juillet à "accélérer la mobilisation" pour le renouvellement de la forêt française face au changement climatique. Le plan gouvernemental prévoit notamment un programme budgétaire dédié, non chiffré pour le moment, et 100 millions d'euros, dans le cadre du Fonds vert, pour financer des projets destinés à renforcer la résilience des massifs, comme la création de zones tampons.
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Après le revers infligé par le Conseil d'Etat, qui a récemment annulé le décret gouvernemental sur les aides au reboisement (lire notre article), la ministre de la Transition écologique Monique Barbut a présidé ce 21 juillet une réunion consacrée à l'avenir de la forêt française, qui subit de plein fouet le changement climatique, avec notamment une amplification du risque d'incendie et du dépérissement des arbres.
Rappelant les 100 millions d'euros consacrés à la planification écologique de la forêt en 2026 et l'augmentation de 20 millions d'euros depuis 2023 pour la prévention des feux, elle a appelé à "accélérer cette mobilisation". Evoquant les incendies, qui "ont déjà parcouru près de 40.000 hectares" depuis début 2026, soit davantage que sur l'ensemble de l'année 2025, et l'amplification des menaces (ravageurs, sécheresse, etc.), elle a estimé que "si cette situation est inédite, elle n'est pas imprévisible, car elle est la trace d'un climat qui change". "Pour construire la forêt de demain, nous avons besoin de moyens conséquents. Chaque hectare de forêt à restaurer coûte entre 5 et 10.000 euros", a-t-elle dit devant des acteurs du secteur forestier, tant publics que privés et ONG.
"Accompagner la mobilisation"
"Notre rôle au ministère est d'accompagner cette mobilisation. Pour cela, nous allons créer une start-up d'État qui s'appellera France Forêt 2100", pour faciliter la rencontre entre financeurs et porteurs de projets", a-t-elle annoncé. Cette nouvelle structure aura pour mission de "mettre en relation les porteurs de projets et les financeurs publics et privés afin d'orienter les financements vers des projets concrets de restauration, de renouvellement et d'adaptation des forêts françaises, a détaillé le ministère. Elle permettra de fédérer les initiatives existantes, de faciliter leur coordination et d'accompagner le développement de nouveaux projets sur l'ensemble du territoire."
Diversifier les financements
Plusieurs mesures du plan gouvernemental visent aussi à renforcer et diversifier les financements mobilisés en faveur des forêts. "Les travaux engagés sur le label bas-carbone seront poursuivis afin qu'il bénéficie davantage aux entreprises forestières et finance plus largement les opérations de régénération", indique le ministère tandis qu'une nouvelle méthode valorisant l'enrichissement des peuplements vulnérables sera adoptée "d'ici à la fin de l'année".
Le gouvernement entend également développer les crédits biodiversité "afin de mieux valoriser les services rendus par les écosystèmes forestiers". La ministre a aussi annoncé qu'elle demanderait à la Française des Jeux et à l'Office français de la biodiversité de consacrer la prochaine édition du Loto de la biodiversité à la forêt, "afin de permettre à chaque Français de contribuer à la restauration et à la préservation des massifs forestiers".
"Programme budgétaire dédié"
"Au-delà de la mobilisation des financements privés, l’État renforcera également ses propres moyens d’intervention en faveur des forêts", assure le gouvernement. À partir de 2027, la forêt devrait bénéficier d’un "programme budgétaire dédié, permettant de mieux identifier et suivre les moyens qui lui sont consacrés". "Ces crédits seront renforcés, notamment pour accompagner l’adaptation des forêts françaises au changement climatique", assure le gouvernement sans indiquer de chiffres.
La ministre a également annoncé que, dans le cadre de la hausse du Fonds vert à 1 milliard d’euros en 2027, 100 millions d’euros seront dédiés à l’adaptation de la forêt, "notamment pour financer des projets destinés à renforcer la résilience des massifs, comme la création de zones tampons".
Renouvellement des massifs : des moyens concentrés sur les forêts "qui en ont le plus besoin"
Concernant le renouvellement des massifs, Monique Barbut a plaidé pour deux modifications importantes : "premièrement, rendre éligibles au renouvellement les parcelles qui ont été décimées par le nématode des pins", menace sanitaire majeure dans le Sud-Ouest. "Deuxièmement, concentrer nos moyens sur les forêts qui en ont le plus besoin, notamment en relevant à 40% le seuil de dépérissement des forêts éligibles", un seuil de déclenchement de l'aide publique, a-t-elle dit. Cette mesure devrait notamment satisfaire l'association Canopée, qui critiquait des critères trop larges sur le reboisement" favorisant plutôt "coupes rases" et "reboisements dans des forêts saines".
Mobilisation citoyenne encouragée
Pour protéger les forêts, la mobilisation citoyenne sera également renforcée, a assuré la ministre. Afin de renforcer l'engagement de la jeunesse, elle a annoncé une augmentation de 1.500 services civiques écologiques en 2026, portant leur nombre de 8.500 à 10.000. "Cette hausse sera notamment consacrée au renforcement de la présence humaine dans les espaces naturels, a précisé le ministère. Les nouveaux volontaires pourront contribuer à l'accueil et à la sensibilisation des visiteurs, en appui des opérateurs de l'État, des collectivités territoriales et des gestionnaires d'espaces naturels".
Lors des incendies de ces dernières semaines, associations, bénévoles, entreprises, propriétaires forestiers, agriculteurs et riverains se sont mobilisés pour appuyer les gestionnaires forestiers et les services de secours. Afin de "reconnaître, de structurer et d'amplifier cet engagement citoyen", le gouvernement veut aussi créer prochainement le label "Réserve verte". Objectif : "identifier", "fédérer" et "valoriser" les initiatives associatives déjà engagées au service des espaces naturels. "Il favorisera les coopérations entre associations, collectivités territoriales, gestionnaires d'espaces naturels et services de l'État afin de renforcer les actions de prévention, de sensibilisation du public et, lorsque cela sera nécessaire, d'appui à la restauration des espaces naturels touchés par des crises environnementales", ajoute le communiqué du gouvernement.
Un point d’étape sera organisé en septembre "afin de présenter les premiers résultats de cette mobilisation collective et les engagements réunis en faveur de la restauration et de la résilience des forêts françaises", a promis le ministère.