Catastrophes naturelles : la France recense le plus grand nombre d'événements survenus depuis 1900 dans les pays de l'UE
Avec 202 catastrophes naturelles survenues entre 1900 et 2025, la France arrive en tête des Etats membres de l'Union européenne ayant subi un événement naturel très grave, tempêtes et inondations en tête, selon une étude du Sdes publiée début mars.
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Parmi les 27 États membres de l’Union européenne (UE), la France a recensé le plus grand nombre de catastrophes naturelles (202 sur un total de 1.490) au cours de la période 1900-2025, indique une étude du service statistique des ministères chargés de l’environnement, de l’énergie, de la construction, du logement et des transports (Sdes) publiée début mars. Il s'agit là d'événements naturels très graves cumulant au moins une de ces conditions - plus de 9 morts, plus de 99 personnes touchées, déclaration d’état d’urgence ou appel à l’aide international -, souligne le Sdes qui rappelle que de multiples aléas naturels exposent la France à des événements potentiellement dangereux ou dommageables pour les populations et les activités économiques tels que les inondations, submersions marines, mouvements de terrain, feux de forêt, tempêtes et cyclones, séismes, tsunamis et éruptions volcaniques.
Sur les 202 événements graves qu'elle a subis au cours des 125 dernières années, tempêtes, cyclones et inondations en représentent plus des deux tiers. Les pays du sud de l'Europe sont, eux, davantage touchés par les feux de forêts et les séismes. Les trois quarts des séismes se concentrent ainsi en Italie, en Grèce et en Roumanie en raison de la convergence des plaques tectoniques africaine et eurasiatique.
Fréquence plus grande des catastrophes naturelles
Depuis 1950, 161 événements naturels très graves se sont produits en France – dont environ deux tiers d'inondations - mais leur fréquence s'est nettement accélérée au cours des années 2000. En moyenne chaque année, entre 2001 et 2024, quatre événements naturels très graves (au moins 10 morts ou 30 millions d'euros de dommages matériels) se sont produits, contre seulement un entre 1950 et 2000.
Près d'un Français sur quatre exposé au risque d'inondation
Environ 11 millions de logements figurent dans l’enveloppe approchée du risque d’inondation potentielle par débordement de cours d’eau définie en 2011, rappelle l'étude. Ces logements abritent près de 18 millions de Français (données 2021), sur près de 30.700 communes.
Dans les zones côtières, un peu moins de 1.700 communes sont exposées à l’aléa inondation par submersion marine et environ 1,5 million de Français (données 2021) résident au sein de l’enveloppe approchée du risque d’inondation potentielle par submersion marine, avec près de 1,3 million de logements concernés, ajoute l'étude.
Plus de la moitié de l'habitat individuel exposé au risque de retrait-gonflement d'argiles
Les risques de mouvements de terrain (hors retrait-gonflement d’argiles) concernent, eux, plus de 14.300 communes, soit 41% des communes françaises. Les effondrements et les glissements de terrain représentent les deux tiers des mouvements de terrain recensés entre 1900 et 2023.
En outre, un peu plus de 31.000 communes ont au moins une partie de leur territoire située en zone d’aléa fort et/ou moyen de retrait-gonflement des argiles (RGA). 48% des sols métropolitains sont fortement ou moyennement exposés à ce risque. Alors qu'elles sont particulièrement vulnérables en raison de leurs fondations superficielles, un peu moins de 10,7 millions de maisons individuelles (54% de l’habitat individuel) sont construites dans ces zones d’exposition forte ou moyenne, dont 53% ont été bâties après 1970.
Une exposition à l'aléa sismique sur tout le territoire
Outre-mer, le sentiment d’exposition aux risques naturels se révèle plus marqué, particulièrement pour les risques cycloniques et sismiques, alors que dans les communes métropolitaines, où existe un risque d’inondation, 64% de la population n’a pas conscience d’être exposée à un tel risque.
9,5% de la population antillaise est exposée aux tsunamis, soit 39.700 personnes vivant à moins de 500 mètres de la mer dans les secteurs les plus exposés en Guadeloupe et 36.600 en Martinique, tandis que l’exposition à l’aléa sismique recouvre lui tout le territoire de France métropolitaine et les départements et régions d’outre-mer, rappelle le Sdes. Un peu moins de 3,9 millions de personnes sont ainsi exposées à un aléa sismique moyen, principalement dans les régions montagneuses (Alpes, Pyrénées), les Antilles étant la seule partie du territoire français située en zone d’aléa sismique fort. L’ensemble de la population antillaise, soit un peu plus de 745.000 personnes, y est donc potentiellement exposé.
Plus de 12.000 communes couvertes par un PPRN
Au 3 juin 2024, l'étude relève que 12.546 communes étaient couvertes par un plan de prévention des risques naturels (PPRN) opposable dont 2.027 par un PPRN prescrit. L'aléa inondations (hors submersion marine) concerne la très grande majorité (10.435) des communes couvertes par un PPRN opposable, suivi de l'aléa RGA (2.037) et les mouvements de terrain (1.907).
De 1982 à 2024, près de 6.000 communes en moyenne ont fait l’objet chaque année d’une reconnaissance d’état de catastrophe naturelle. Le coût des différents périls couverts par le régime d’indemnisation de ces catastrophes s'est élevé à 53,7 milliards d’euros sur cette période, soit en moyenne 1,28 milliard d'euros par an. Les inondations (51,5%) et la sécheresse (42,2%) en ont représenté les neuf dixièmes. En 2024, le coût des sinistres Cat-Nat a atteint près de 1,7 milliard d'euros.