David Amiel nommé aux Comptes publics pour remplacer Amélie de Montchalin

Suite au départ d'Amélie de Montchalin à la Cour des comptes, son ministre délégué chargé de la Fonction publique et de la Réforme de l'Etat devient  ministre de l'Action et des Comptes publics.

Plus jeune membre du gouvernement Lecornu 2, David Amiel était depuis quatre mois ministre délégué chargé de la Fonction publique et de la Réforme de l'Etat sous la houlette de la ministre de l'Action et des Comptes publics Amélie de Montchalin. Celle-ci étant partie à la Cour des comptes, c'est David Amiel qui a été choisi pour prendre sa suite, a annoncé l'Elysée ce dimanche 22 février.

Dans un post sur X, le ministre a esquissé sa feuille de route : "Exécuter avec la plus grande exigence la baisse du déficit prévue en 2026 et préparer le prochain budget. Chaque dépense doit être utile, jamais automatique". David Amiel a également cité la modernisation de l'action publique et la lutte contre les fraudes.

Agé de 33 ans, David Amiel fait partie de la jeune génération politique née avec Emmanuel Macron, qu'il a suivi de Bercy à l'Elysée, avant de devenir député puis ministre. "C'est un vrai connaisseur des finances publiques, dont la compétence est appréciée. Il a su montrer des qualités de négociation au sein de la commission mixte paritaire (CMP) sur le projet de loi de finances (PLF) 2025", dit de lui le député socialiste Philippe Brun, qui l'a côtoyé sur les bancs de la commission des Finances de l'Assemblée nationale. Mais "sur le fond, c'est un vrai libéral", ajoute-t-il. "On lui doit l'idée de supprimer la taxe d'habitation en 2017, dont on paie toujours le coût aujourd'hui pour les finances publiques".

Comme député, il a été à l'origine de la proposition de loi, adoptée en janvier 2026 par l'Assemblée, visant à "améliorer l'accès au logement des travailleurs des services publics" (voir notre article), qu'il a ensuite soutenue au nom du gouvernement.

Comme ministre de la Fonction publique, "il a abordé de nombreux sujets et ouvert beaucoup de chantiers", souligne Luc Farré, secrétaire général de l'Unsa fonction publique. Mais "souvent, ce sont des chantiers qui sont plutôt régressifs pour le droit des agents", déplore-t-il, tout en saluant "un ministre dynamique, qui a envie de réussir et de porter les dossiers qu'il traite". "C'est plutôt quelqu'un de sympathique, d'ouvert au dialogue, qui n'est pas contre les syndicats", renchérit Christian Golier, le secrétaire général de la Fédération générale des fonctionnaires Force ouvrière (FGF FO).

Restee à savoir si un nouveau ministre délégué en charge de la fonction publique sera nommé ou si David Amiel continuera à  piloter ce portefeuille en direct. Or on sait que l'absence de ministre dédié pourrait être mal perçu.

Le mini-remaniement gouvernemental devrait avoir lieu au plus tôt en milieu de semaine prochaine, dans l'attente d'une possible motion de censure déposée par le Rassemblement national, ont indiqué samedi des sources concordantes au sein de l'exécutif. Cette motion, que le RN espérait initialement transpartisane, porterait sur la feuille de route énergétique du pays, récemment fixée par décret (voir notre article), alors que le parti réclamait une loi.

En plus d'Amélie de Montchalin, deux autres ministres au moins sont sur le départ : celle de la Culture, Rachida Dati, et celle chargée de l'Autonomie et des Personnes handicapées, Charlotte Parmentier-Lecocq, qui entend retrouver son siège de députée (siège laissé vacant par son suppléant qui se présente aux élections municipales).

Amélie de Montchalin a pris ses fonctions de première présidente de la Cour des comptes dès ce lundi 23 février, Sa première décision a été de "s'abstenir de participer aux délibérés relatifs aux travaux portant sur l'exécution du budget de l'Etat et de la Sécurité sociale pour 2025 et sur la certification des comptes 2025 ainsi qu'aux rapports concernant les organismes sur lesquels elle a exercé une autorité au cours des trois dernières années", a indiqué la haute juridiction dans un communiqué. Au sujet du budget 2026 qu'elle a contribué à élaborer, aucune annonce n'a été faite. "Elle va être à la fois juge et partie (...) sur les prévisions pour 2026", a déclaré à l'AFP François Ecalle, ancien magistrat de la Cour des comptes et spécialiste des finances publiques. Il dit cependant "relativiser beaucoup" ce problème, en raison de "la collégialité" de la Cour.

 

Voir aussi

Abonnez-vous à Localtis !

Recevez le détail de notre édition quotidienne ou notre synthèse hebdomadaire sur l’actualité des politiques publiques. Merci de confirmer votre abonnement dans le mail que vous recevrez suite à votre inscription.

Découvrir Localtis