Drogues et addictions : l'AMF et la Mildeca mettent leur "guide du maire" au goût du jour

L'AMF et la Mildeca publient une nouvelle édition de leur "guide du maire face aux drogues et aux conduites addictives", en prenant en compte les pratiques en plein essor. Les mesures que peut ou doit prendre le maire en la matière sont multiples, quand bien même "il ne peut pas tout".

La mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca) et l'Association des maires de France (AMF) viennent de publier l'édition 2026 de leur guide du maire face aux drogues et aux conduites addictives. La troisième après celles de 2019 et de 2022, dans cette version – un tel guide avait notamment été publié en 2012.

Cocaïne, "proto", jeux, écrans…

Signe des temps, ce document ne vise plus seulement l'alcool, le tabac ou le cannabis – dont les usages "ont diminué, sensiblement chez les plus jeunes, plus modérément chez les adultes", observe Nicolas Prisse, président de la Mildeca –, mais aussi la cocaïne "qui a déferlé sur la France", les drogues de synthèse, qui "font peser une menace sérieuse", les bonbonnes de protoxyde d’azote, les jeux d’argent et de hasard "en expansion" ou encore "les écrans", avec les "jeux vidéo, les réseaux sociaux…". Et "bien que la lutte contre les conduites addictives ne soit pas définie comme une compétence municipale, le maire est appelé à y concourir pour répondre aux attentes légitimes des habitants lorsque l’action seule de l’État ne suffit pas", souligne le président de l'AMF, David Lisnard. Non sans prendre le soin de rappeler que l'État reste "responsable des politiques de sécurité et de santé". "Le maire peut, mais ne peut pas tout", résumait, le 1eravril dernier, Amandine Demore, maire d'Échirolles (Isère), lors d'un débat sur le narcotrafic organisé au palais Bourbon dans le cadre de "l'Assemblée des idées".

Maire couteau suisse

Le guide épouse ainsi les différentes missions que le maire – élu plus que jamais couteau suisse – est appelé à remplir, avec trois objectifs principaux : "retarder l'âge des premières consommations, réduire la fréquence des comportements addictifs et limiter leurs conséquences, pour les individus comme pour la société." Sont ainsi détaillées aussi bien les mesures que le "maire engagé dans la prévention" peut prendre que celle que le maire "garant de l'application de la loi" doit faire respecter dans sa commune, mais aussi celles qui échoient au "maire employeur" ou encore en sa qualité de "garant d'une vie sociale apaisée". Le tout d'une manière particulièrement didactique, le document multipliant exemples, questions pratiques et liens vers diverses sources documentaires complémentaires, ou passant au crible quelques "idées reçues".

Maire à protéger

Restera peut-être, malheureusement, à développer dans la prochaine édition un volet sur la protection du premier magistrat de la commune face à certaines conséquences de l'essor de ces pratiques. "Des maires sont soumis à beaucoup de pression", soulignait ainsi Amandine Demore lors du débat à l'Assemblée, évoquant son propre cas : "Des intimidations physiques assez régulières", jusqu'à l'incendie récent de son véhicule en bas de son domicile, avec des incendiaires qui l'"attendaient, cagoulés, pour bien me signifier qu'ils savaient où j'habitais", avant de lui faire "passer le message", quelques jours après, de ne pas se représenter aux élections. "Je me suis dit que j'étais sur le bon chemin", conclut-elle. 

 

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