Éducation : des chantiers tous azimuts pour la rentrée 2026

La rentrée scolaire 2026-2027 sera marquée par de nombreux chantiers pour les collectivités locales. Si les questions récurrentes portant sur la carte scolaire, l'adaptation du bâti scolaire au changement climatique ou les AESH demeurent, l'interdiction des téléphones portables au lycée et les nouvelles règles de recrutement des animateurs périscolaires occuperont aussi les acteurs de terrain.

Les chantiers des collectivités locales en matière d'éducation ne manqueront pas à la rentrée de septembre 2026. Le premier semestre de l'année a mis en évidence deux priorités au long cours : d'une part la perspective d'une baisse massive des effectifs à l'horizon 2035 et ses répercussions sur la carte scolaire, d'autre part l'augmentation de la fréquence des épisodes de fortes chaleurs qui pose la question de l'adaptation du bâti scolaire. 

Expérimentation de construction de la carte scolaire

La question de la carte scolaire est d'abord un sujet d'ordre institutionnel qui met en lumière la nécessité de réorganiser le dialogue entre l'État et les collectivités. Ces dernières années, cette question a bien été posée, mais aucune réponse satisfaisante n'est encore apparue. Alors qu'une étude inédite du ministère de l'Éducation nationale annonce la perte de près de 1,7 million d'élèves dans les établissements scolaires français d'ici à 2035 (lire notre article du 8 avril), ni le protocole d'accord signé entre l'Éducation nationale et l'AMF (Association des maires de France) en 2025 ni la mise en place des observatoires des dynamiques rurales et territoriales n'ont dissipé le malaise des élus locaux. Dans ces conditions, Édouard Geffray, ministre de l'Éducation nationale, a lancé une expérimentation de construction de la carte scolaire sur une base pluriannuelle selon une nouvelle méthode (lire notre article du 23 avril). Parmi les ingrédients du dialogue : la prise en compte de critères élargis, au-delà des seuls chiffres des effectifs scolaires, pour tenir compte des contraintes de transport, des constructions de logements à venir dans les communes, etc. De ce travail devrait résulter un schéma d'emplois des personnels enseignants présenté en loi de finances à l'automne.

Changement climatique : un chantier à 40 milliards

Sur la question de l'adaptation du bâti scolaire au changement climatique, la réponse sera avant tout financière. Après que les fermetures totales ou partielles d'écoles se sont multipliées lors des épisodes de canicule en mai et juin 2026, la Banque des Territoires, Actee, la Banque postale, EDF et l'État ont annoncé un plan de 190 millions d'euros (lire notre article du 26 juin). Une partie de cette somme est allée à des mesures d'urgence tandis qu'une autre partie est consacrée à un volet préventif. Mais l'ampleur des travaux à réaliser dépasse largement le cadre de cette annonce. Ce sont en effet 40 milliards d'euros qui seront nécessaires pour adapter les quelque 58.000 bâtiments scolaires de France. Le programme  Edurénov, lancé par la Banque des Territoires en 2023, propose une enveloppe de 2,5 milliards d'euros pour le financement de prêts et une autre de 58 millions d'euros pour financer l'ingénierie de projet. Les épisodes de chaleur du début d'été ont par ailleurs mis en évidence la nécessité, au delà du confort d'hiver, de travailler sur le confort d'été, lequel devient une condition impérative pour bénéficier d'un prêt Edurénov. 

AESH : encore un effort pour la pause méridienne

La rentrée scolaire 2026 sera encore marquée par la question de l'inclusion. Alors que le nombre d'élèves en situation de handicap scolarisés en milieu ordinaire est en croissance continue, les problèmes d'attractivité du métier et de statut des AESH (assistantes d'élèves en situation de handicap) ne sont toujours pas résolus, comme n'est pas toujours prise en charge par l'État, malgré le vote de la loi Vial en 2024, leur rémunération sur le temps méridien. Durant l'année scolaire, des parlementaires ont fait part d'absence de prise en charge par l'État ou de situations où, faute d'accompagnement adapté, des enfants étaient privés d'accès à la restauration scolaire. En attendant de régler ces questions, le ministère de l'Éducation nationale pousse en avant les PAS (pôles d'appui à la scolarité), qui visent à apporter une réponse de premier niveau pour favoriser la scolarisation des élèves à besoins particuliers. Toutefois, leur existence est juridiquement fragilisée après que leur généralisation a été rejetée par l'Assemblée nationale en mai (lire notre article du 12 mai). Ce chantier reste donc largement ouvert.

Interdiction des téléphones au lycée : aux régions de jouer !

L'interdiction des téléphones portables au lycée, actée par l'adoption définitive, le 21 juillet, de la proposition de loi visant à protéger les mineurs des risques auxquels les expose l'utilisation des réseaux sociaux, va probablement obliger les conseils régionaux à s'adapter. Dans un vadémécum  publié début juillet (lire notre article du 3 juillet), le ministère de l'Éducation nationale rappelle que "des aménagements et équipements peuvent être mis en place dans les établissements, le cas échéant en accord avec la collectivité territoriale de rattachement, afin de favoriser la réappropriation par les élèves de ces temps et espaces sans téléphone et les interactions entre élèves (par exemple l'aménagement du foyer des élèves, l'installation d'équipements extérieurs)". Vaste chantier qui pose tant des problèmes financiers et matériels que de responsabilité.

Périscolaire : "liste noire" à venir

Enfin, une autre loi – adoptée en première lecture à l'Assemblée nationale le 21 juillet – va bientôt obliger les collectivités à revoir leurs procédures de recrutement et de gestion des animateurs périscolaires. Dans un contexte marqué par de nombreux cas de violences sexuelles sur des enfants, notamment à Paris (lire notre article du 1er décembre 2025), les contrôles d'honorabilité par la vérification des antécédents judiciaires et administratifs auront lieu, non seulement à l'embauche, comme c'est déjà le cas, mais aussi périodiquement, et ils concerneront les intervenants occasionnels. De plus, une "liste noire" des personnes révoquées par l'autorité administrative en raison de leur comportement auprès de mineurs, que ce soit dans les secteurs scolaire, périscolaire ou sportif, mais n'ayant pas fait l'objet d'une condamnation pénale sera constituée. Les personnes figurant sur cette liste ne pourront plus exercer dans une école. La discussion du projet de loi en séance publique au Sénat est prévue à partir du 27 octobre.

 

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