Ehpad : mobilisation de 10.000 missions de service civique et des associations intermédiaires

Le gouvernement a annoncé la mise en place de deux nouveaux dispositifs destinés à soulager les Ehpad (et, dans le même temps, à offrir une activité à des jeunes ou à des personnes en insertion). D'une part l'ouverture de 10.000 missions de service civique en Ehpad ou dans le secteur de l'aide à domicile. D'autre part la mobilisation des associations intermédiaires pour proposer des services de soutien aux Ehpad dans leurs activités logistiques et hôtelières.

Alors que se prépare la campagne de vaccination dans les Ehpad, suivant les recommandations de la Haute Autorité de santé (voir notre article dans l'édition de ce jour), le ministère des Solidarités et de la Santé renforce le soutien aux établissements accueillant des personnes âgées ainsi qu'aux personnes prises en charge par les services d'aide à domicile. Le 30 novembre, le gouvernement a ainsi annoncé la mise en place de deux nouveaux dispositifs destinés à soulager ces structures.

 

Dix mille missions de service civique auprès des personnes âgées, en Ehpad ou à domicile

Le premier d'entre eux a été annoncé conjointement par Brigitte Bourguignon, la ministre déléguée chargée de l'Autonomie, et par Sarah El Haïry, la secrétaire d'État auprès du ministre de l'Éducation nationale, chargée de la Jeunesse et de l'Engagement. Il consiste à ouvrir plus de 10.000 missions de service civique "auprès des personnes âgées, en situation d'isolement social ou de vulnérabilité, résidant en établissement public, privé à but non lucratif ou bénéficiant d'aide à domicile de structures publiques ou sans but lucratif". Les organismes d'accueil éligibles à l'agrément de service civique sont en effet les Ehpad publics ou privés non lucratifs (au nombre de 5.600), les résidences autonomies (2.600) et les services associatifs ou publics d'aide à la personne (près de 7.000), ainsi que les collectivités territoriales, "au premier rang desquelles les communes".


Le communiqué des deux ministres rappelle que "la mission de service civique est un engagement volontaire au service de l'intérêt général, sans condition de diplôme, destinée aux jeunes de 16 à 25 ans, et jusqu'à 30 ans pour les jeunes en situation de handicap. Le volontaire, accompagné par un tuteur, est mobilisé sur des missions utiles à la société, qui lui permettront de découvrir ou d'approfondir son engagement citoyen". En l'espèce, les jeunes volontaires du service civique "pourront soutenir les établissements en participant par exemple à la réalisation d'activités de loisirs (lecture collective ou animation ludique), à l'accompagnement des aînés dans l'utilisation des nouvelles technologies (utilisation des tablettes pour des appels en visioconférence ou d'internet), ou encore à la sensibilisation à l'application des mesures barrières lors des visites des familles".
En matière d'aide à domicile,  les volontaires pourront soutenir les collectivités locales dans leurs actions de lutte contre l'isolement des personnes vulnérables, en lien avec les services de l'État et les associations locales. Pour les deux ministres, cet engagement du service civique est aussi une façon de témoigner de la force du lien intergénérationnel et de lutter contre l'âgisme et les représentations erronées de la vieillesse.

 

Les associations intermédiaires pour soutenir les fonctions hôtelières des Ehpad

La seconde annonce est venue de Brigitte Klinkert, la ministre déléguée chargée de l'Insertion, et de Brigitte Bourguignon. Elle consiste à mobiliser les associations intermédiaires pour proposer des services de soutien aux Ehpad, dans leurs activités logistiques et hôtelières. Les associations intermédiaires sont des structures d'insertion par l'activité économique (IAE), soutenues par l'État, qui contribuent au retour à l'emploi de personnes rencontrant des difficultés sociales et professionnelles particulières, en leur permettant de travailler ponctuellement pour le compte de différents donneurs d'ordres : particuliers, associations, collectivités locales, entreprises... Au nombre d'environ 700, elles emploient près de 60.000 personnes en insertion. 


En pratique, les associations intermédiaires "sont en capacité d'intervenir sur une large variété d'activités permettant de soulager et soutenir le fonctionnement des Ehpad : désinfection et entretien des locaux, restauration (cuisine, plonge, portage de repas…), lingerie, etc.". Consultées, les fédérations représentatives du secteur ont déjà confirmé la possibilité de telles interventions complémentaires. Le communiqué précise que le ministère apportera un soutien financier exceptionnel, à travers un système de bonification pour chaque heure de mise à disposition effectuée par une association intermédiaire en Ehpad, à compter du 1er décembre 2020 et jusqu'au 28 février 2021.


Brigitte Klinkert et Brigitte Bourguignon tablent sur la mise à disposition de "plusieurs centaines d'équivalents temps plein chaque mois auprès des Ehpad", les associations intermédiaires étant invitées à se rapprocher de ces derniers "dès aujourd'hui". A plus long terme, ce dispositif pourrait évoluer "vers un partenariat durable entre ces structures compte tenu de la vocation des associations intermédiaires de préparer la main d'œuvre dont ont besoin ces établissements à plus long terme". 

 

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