Aurillac réhabilite le bâti ancien dans les règles de l’art (15)

Plus de dix ans d’efforts ont été nécessaires pour redonner vie et attrait à un îlot dégradé, placé sous arrêté d’insalubrité, dans le centre ancien d’Aurillac. Hier vacants, les logements et les commerces sont tous occupés aujourd’hui. Récit d’une réhabilitation dans les règles de l’art.

Paupérisation, disparition de la mixité sociale et bâtis fortement dégradés caractérisaient le quartier de l’îlot Gerbert, situé à l’entrée du centre médiéval et monastique d’Aurillac. L’îlot lui-même, placé sous arrêté d’insalubrité en 2013, comptait quatorze logements, dont seuls trois étaient occupés, ainsi que trois commerces, dont deux vacants. Le dispositif de résorption de l’habitat insalubre (RHI) se met alors en place avec le concours de l’Agence nationale de l’habitat (Anah). Le premier projet de rénovation rassemble copropriétaires et locataires, qui travaillent ensemble à la construction d’un habitat participatif, sous l’égide d’un animateur du bailleur social Polygone. Mais les clivages sont trop marqués pour être suturés et le projet tombe à l’eau.

Le charme de l’ancien, le confort du moderne

Le second projet démarre en 2018. Comme le précédent, il s’inscrit dans le cadre de la réhabilitation globale des espaces publics et des bâtiments du centre ancien, avec le déploiement d’opérations d’amélioration de l’habitat (OPAH), puis du programme Action cœur de ville (ACV). Plus classique, il vise la reconstruction de 14 logements sociaux et de trois commerces, sous le pilotage de Polygone. Le bailleur social a racheté à la ville le foncier de l’îlot Gerbert, pour 200 000 euros. La mairie l’avait progressivement acquis, en plusieurs années. Avec des ambitions qui visent plusieurs aspects : restaurer de la mixité sociale, à l’échelle du quartier, recréer des logements aux standards de confort actuels, valoriser le riche patrimoine architectural et historique de ce quartier et, plus généralement, de l’ensemble du centre ancien. Les travaux démarrent en 2020, plaçant ces objectifs en ligne de mire. La création d’un patio apporte une grande luminosité aux logements, l’isolation phonique et thermique est particulièrement soignée. Ce dernier point n’est pas un luxe, dans cette commune perchée à plus de 600 mètres d’altitude. « L’architecte que nous avons retenu a préservé l’âme et le charme de l’ancien, et a favorisé les enduits à la chaux, les menuiseries en bois, les briques et pierres apparentes. L’escalier monumental a été préservé et les garde-corps restaurés à l’identique », souligne Cécile Péjot, chargée d’opérations immobilières pour le bailleur social Polygone. La conservation de ce patrimoine a été soutenue par les architectes des bâtiments de France (ABF) impliqués dans ce projet. 

Un partenaire solide

Après plus de dix ans d’études et de travaux, l’îlot Gerbert réhabilité a été livré en 2025. Quelques mois plus tard, tous les logements et les commerces étaient déjà loués. Un résultat certes satisfaisant, mais qui s’est heurté à de multiples écueils, avec l’échec du projet d’habitat participatif et surtout, l’effondrement d’une partie du bâti au début des travaux qui a entraîné un surcoût d’un million d’euros. La crise du Covid et la guerre en Ukraine ont également perturbé le déroulement des travaux. Heureusement, le bailleur social Polygone a su faire face. Doté de solides compétences techniques, il a pu résoudre les problèmes qui ont, malgré tout, engendré des coûts bien supérieurs à ceux d’une construction classique. Le projet a aussi pu s’appuyer sur des entreprises de travaux capables de suivre des projets complexes dans la durée et avec des interruptions de chantiers parfois assez longues. 

Sans subvention, pas de rénovation

Les difficultés financières n’ont pas non plus été négligeables. C’est l’intervention d’Action Logement et de ses subventions dans le cadre d’Action cœur de ville, qui a finalement rendu possible la réalisation du projet. Pour les petites villes, dotées d’un patrimoine riche, mais situées en zones détendues, les options de financements sont réduites et les prix à la location ou à la vente des logements réhabilités sont trop faibles pour rentabiliser les investissements privés. Le bailleur social a, de son côté, pu absorber un surcoût total de 1,5 million d’euros.

Aujourd’hui, l’immense travail fourni par les acteurs locaux donne amplement satisfaction. L’îlot Gerbert est un exemple de reconstruction de la ville sur elle-même (14 logements très majoritairement vacants, remplacés par autant de logements, tous occupés). Il contribue à répondre à la fois aux besoins en logements, aux objectifs du zéro artificialisation nette (ZAN) et à l’attractivité du centre ancien.

Les chiffres clés de l’opération

Les logements sociaux de l’îlot Gerbert sont constitués de : un T1, dix T2, un T3, deux T4. Quatre logements sont financés par le Prêt Locatif Aidé d’Intégration (PLAIS, attribués aux locataires en situation de grande précarité) et dix par le Prêt Locatif à Usage Social (PLUS locations à loyer modéré). 

Les financements proviennent de : 

  • La commune : 250 000 euros
  • L’Anah : 650 000 euros (dispositif Réhabilitation Habitat Insalubre)
  • Action Logement : 455 000 euros
  • Prêt de la Banque des Territoires : 920 842 euros
  • Fonds propres de Polygone : 1,5 million d’euros
  • Au total les emprunts représentent 1,75 million d’euros
  • Coût global du projet : 4,6 millions d’euros

Commune d’Aurillac

Nombre d'habitants :

27578
Place de l’Hôtel-de-Ville
15 000 Aurillac

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