Un nouveau cœur de bourg pour Mouilleron Saint-Germain (85)

À Mouilleron Saint-Germain, un îlot en friche a été transformé pour accueillir logements, commerces et services publics. Cette réalisation a permis de centraliser en cœur de bourg les principaux points d'attraction de cette commune nouvelle. Avec l'implication de nombreux partenaires.

Le nouveau cœur de bourg de Mouilleron Saint-Germain ne date que de 2025. « On a pourtant l'impression qu'il a toujours existé, il s'intègre parfaitement ! », se réjouit Hélène Meunier, maire de cette commune vendéenne de près de 1 800 habitants, issue de la fusion, en 2016, de Mouilleron-en-Pareds et Saint-Germain-l’Aiguiller. Les équipements nouvellement construits font face à l'église et à la mairie, en bordure de la place De Lattre de Tassigny (un natif de la commune, avec Clémenceau). Boulangerie, épicerie, médiathèque, maison d’assistantes maternelles et halle de marché ont pris place dans ce programme mixte, qui compte également dix logements sociaux.

Urbanisme et commerce : les bons partenaires

« La réflexion a commencé peu après notre fusion : l'idée était de créer un nouveau cœur, commun à nos deux communes », explique la maire. La commune sollicite le Conseil d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement de Vendée (CAUE) pour les premières études, avec plusieurs enjeux. Tout d'abord, il faudrait créer de nouveaux locaux pour la boulangerie et la supérette existantes, alors à l'étroit, dans des espaces non adaptables aux normes personnes à mobilité réduite (PMR). Par ailleurs, le nouvel aménagement doit répondre aux besoins d’une nouvelle médiathèque de 200 m2 (contre 70 m2 auparavant) ainsi que de logements, dont un qui puisse accueillir une maison d'assistantes maternelles. Celle-ci était souhaitée par trois professionnelles de la petite enfance. Rapidement, le projet cible l’îlot du Tigre, en bordure de la place principale du bourg : 2 500 m2 de maisons vieillissantes, dont des rez-de-chaussée commerciaux vacants. L’îlot appartient à huit propriétaires différents. Plusieurs d’entre eux ne résident pas dans la commune. La mairie missionne alors l'Établissement public foncier (EPF) de Vendée pour faire, à l'amiable, l'acquisition de ces maisons. Pour bien dimensionner l'offre commerciale, elle se tourne vers la Chambre de commerce et d’industrie : au-delà de la boulangerie et de la supérette, l'offre sera ainsi élargie à trois cellules supplémentaires.

Un bailleur social réalise l'opération mixte

Une fois les grandes lignes du programme arrêtées, la mairie sollicite des bailleurs sociaux. « Vendée Habitat a cru en notre programme mixte et a été choisi comme constructeur de l'opération, » indique la maire. Arrive alors la crise du Covid, une période durant laquelle la commune accueille un petit marché de plein air, qui trouve vite ses marques. Pour le pérenniser, la mairie ajoute au programme une halle couverte pouvant accueillir trois ou quatre commerçants. La démolition de l’îlot du Tigre s'opère en 2021, les permis de construire sont accordés en mai 2022 et les travaux débutent à l'automne 2022. La commune intègre le programme Petites villes de demain (PVD) fin 2022, en partage avec la ville voisine de La Châtaigneraie : « Le chargé de mission PVD nous a bien aidés pour monter les dossiers de financements de la partie médiathèque, une grosse opération pour une petite commune comme la nôtre », reconnaît la maire. En janvier 2025, la boulangerie et l'épicerie sont livrées, en septembre c'est au tour des logements et de la médiathèque.

Une bonne intégration dans le bâti existant

« S'il y a eu un peu d’appréhension lors des premières réunions publiques, la présence en nombre des habitants le jour de l'inauguration a montré qu'elles avaient été levées », se réjouit la maire.

Grâce à un architecte à l'écoute et au respect des hauteurs et du bâti existant, les constructions neuves se fondent harmonieusement dans le cœur de bourg ancien. La mise en œuvre des préconisations de l'Architecte des bâtiments de France - volets battants en bois et crépis de couleur – a contribué à cette intégration réussie. Gros point positif pour les nouveaux logements : ils disposent tous d'un espace extérieur. En revanche, l’allée piétonne pour rejoindre les jardins du musée national Clémenceau-De Lattre, à proximité de la médiathèque, n’est plus à l’ordre du jour, ce que regrette la maire. « Nous poursuivons cependant les échanges avec la nouvelle direction du musée : ce serait un vrai plus avec un lien facilité entre le nouvel office de tourisme et le musée. »

Une attractivité renforcée

Désormais intégrée à un réseau intercommunal de lecture publique, la médiathèque a déjà vu tripler le volume de documents empruntés. Côté logements, tous les lots ont trouvé preneurs, à proximité du principal employeur de la commune, un traiteur industriel. Les stationnements de la place De Lattre de Tassigny, toute proche, renforcent aussi l'attractivité des commerces : la boulangerie a doublé sa vitrine de vente, la supérette a ajouté un service de tabac et de dépôt de colis. Une galerie d'art a ouvert à l’initiative d'une habitante de la commune. Deux cellules commerciales restent encore vacantes : « Nous sommes en recherche active pour trouver un boucher, un fleuriste ou autres commerces de proximité. » En conclusion, la maire reconnaît un seul petit regret sur ce volet commercial : « Nous aurions dû voir un peu plus grand pour la halle de marché, la dynamique est telle que nous devons accueillir une partie des commerçants en plein air ! »

Zoom sur les équipements

  • Une médiathèque de 200 m2
  • 10 logements locatifs sociaux du T2 au T4 aux loyers de 310 à 600 euros par mois.
  • 500 m2 de commerces à loyer modéré (450 euros mensuels pour une cellule de 75 m2)
  • Une maison d'assistantes maternelles (MAM) accueillant huit enfants
  • Une halle de marché couverte

Le budget

  • 3 310 643 euros : coût de la médiathèque + halle + commerces + MAM pris en charge par la commune de Mouilleron Saint-Germain
  • Subventionné à 20,9 % : région Pays de la Loire (200 000 euros), Département de la Vendée (352 904 euros, dont la minoration foncière sur le portage foncier) et Caisse d'allocations familiales (136 800 euros)
  • 23,1 % de vente en usufruit des commerces à ORYON-Métropolys (765 496 euros). Cette foncière de redynamisation associe Banque des Territoires, SEM ORYON, EPF de Vendée et Crédit Mutuel. Elle intervient notamment dans les Petites villes de demain (PVD) de Vendée. Elle bénéficie de l'usufruit des commerces durant vingt ans et donc des loyers versés. Dans vingt ans, la commune, nu-propriétaire, récupérera l'entière propriété. Pour l’opération de Mouilleron Saint-Germain, ORYON Metropolys a bénéficié d'une subvention à hauteur de 25,5 % de l'Agence nationale de la cohésion des territoires (195 477 euros).
  • 45,3 % d'emprunt (1 500 000 euros)
  • 10,7 % d'autofinancement communal (355 443 €)
  • 1 974 864 euros : coût des logements pris en charge par Vendée Habitat
  • Subventionné à 26,2 % : État / dotation de soutien à l'investissement local (DSIL) (207 356 euros), commune de Mouilleron Saint-Germain (200 000 euros) et département de la Vendée (110 420 euros)
  • 73,8 % d'emprunts et fonds propres (1 457 528 euros)

Commune de Mouilleron Saint-Germain

Nombre d'habitants :

1830
1 Place Maréchal de Lattre de Tassigny
85 390 Mouilleron-Saint-Germain
accueil@mouilleronstgermain.fr

Hélène Meunier

Maire

Voir aussi

Découvrez nos newsletters

  • Localtis :
    Propose un décryptage des actualités des collectivités territoriales selon deux formules : édition quotidienne ou notre synthèse hebdomadaire sur l’actualité des politiques publiques.

  • Territoires Conseils :
    Recevez tous les quinze jours la liste de nos dernières publications et l'agenda de nos prochains rendez-vous.

S'abonner aux newsletters