Un sentiment d'insécurité qui continue de progresser, non son sans raison, observe le SSMSI

La dernière enquête Vécu et ressenti en matière de sécurité (VRS) du service statistique ministériel de la sécurité intérieure fait état d'une "relative stabilisation" du nombre de victimes déclarées pour "la majorité des atteintes". En revanche, le sentiment d'insécurité continue sa progression. Visiblement non sans raison, puisque le SSMSI fait état d'une "progression significative" du nombre de victimes déclarées depuis 2021 "dans la quasi-totalité des séries".

"Le sentiment d'insécurité continue d'augmenter", observe le service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI), dans le cadre de la nouvelle édition de son enquête Vécu et ressenti en matière de sécurité (VRS), publiée ce 29 octobre.

Un sentiment d'insécurité qui progresse…

Près d'1 Français interrogé sur 4 (23%) en 2025 par le SSMSI déclare "se sentir souvent ou de temps en temps en insécurité dans son quartier ou son village" (+5% vs 2024). Un sentiment comme toujours exprimé plus fortement chez les femmes (26% des interrogées), les habitants de l'unité urbaine de Paris (27%) et les 18-24 ans (28%). 

Le taux atteint même 43% dans les transports (+2% ; 52% des 18-24 ans interrogés). 

Un sentiment non sans conséquence, puisque plus d'1 personne interrogée sur 4 (22% ; +5%) déclare qu'il lui arrive de renoncer à sortir de chez elle de ce fait. Au risque de faire des plus jeunes "des enfants d'intérieur", alertait récemment la secrétaire générale de l'Unicef France.

"Des hausses ne sont pas forcément significatives d'une année sur l'autre, mais peuvent, sur une période plus longue, le devenir", observe Emmanuel Gros, chef du bureau des enquêtes statistiques. C'est singulièrement le cas en l'espèce, puisque le SSMSI relève que le nombre de personnes exprimant ce sentiment d'insécurité ne cesse d'augmenter depuis 2022, passant de 18% à 23% des personnes interrogées.

… visiblement non sans raison

La progression de ce "sentiment" ne semble pas sans raison. Si le SSMSI dresse, en 2024, le constat d'une "relative stabilisation" du nombre de victimes déclarées "pour la majorité des atteintes" par rapport à 2023, il précise que "quelques atteintes sont néanmoins en progression" : +10% de victimes déclarées d'injures, de vols ou tentatives de vols d'objets dans ou sur leur voiture, + 8% d'un débit frauduleux, +5% d'actes de vandalisme contre leur voiture. "Et aucune n'affiche de baisse", ajoute-t-il.

Surtout, Emmanuel Gros souligne que "depuis le début du dispositif VRS [qui a succédé en 2021 à l’enquête de victimation Cadre de vie et sécurité], la quasi-totalité des séries sont en progression significative". Et, souvent, continue. Ainsi, entre 2021 et 2024, le SSMSI relève que le nombre de victimes déclarées est passé de 520.000 à 660.000 pour les violences physiques (+26,9%), de 850.000 à 1,1 million (+29,4%) pour les vols ou tentatives de vol avec effraction dans les résidences, de 2,2 à 2,9 millions pour les débits frauduleux (+31,8%) ou encore de 1,1 à 2 millions pour les discriminations (+81,8%). Et là encore, élus et agents locaux sont en première ligne. 

 

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