Le moteur franco-italien carbure sur les nouvelles ressources de l'UE

Le 36e sommet franco-italien tenu ce 25 juin a notamment permis à Giorgia Meloni et Emmanuel Macron de montrer leur convergence de vues sur les contours du prochain cadre financier pluriannuel de l'UE. Les deux gouvernements ont par ailleurs saisi l'occasion pour réaffirmer ou sceller un certain nombre d'accords sectoriels, notamment dans les transports. 

Presque cinq ans après la signature du traité du Quirinal de coopération bilatérale renforcée, la France et l'Italie ont tenu leur 36e sommet franco-italien, ce 25 juin, dans les Alpes-Maritimes.

Défendre les politiques traditionnelles…

Après plusieurs années de brouille, Giorgia Meloni et Emmanuel Macron se sont notamment retrouvé sur les contours du prochain cadre financier pluriannuel (CFP) de l'UE. "L'Italie et la France ont le même agenda", notamment "défendre les politiques de cohésion et d'agriculture", a indiqué le chef de l'État français lors d'une conférence de presse – une position qui diffère de celle affichée en janvier par Roland Lescure lors d'un déplacement à Berlin. "Les nouvelles priorités ne peuvent être financées au détriment de la politique agricole commune ou de la politique de cohésion. [Ce ne] sont pas des vestiges du passé ; ce sont des conditions préalables sans lesquelles il est tout simplement vain de parler de compétitivité ou d'autonomie stratégique, car elles en constituent le fondement", a renchéri la cheffe du gouvernement italien.

… et investir en même temps dans les nouvelles priorités 

Les deux gouvernants n'entendent pour autant pas renoncer aux "nouvelles priorités" de l'UE et ce, "en s'appuyant sur les rapports Letta et Draghi". Emmanuel Macron entend ainsi promouvoir "une Europe qui investit dans ses politiques d'avenir pour être souveraine". Dans leur déclaration commune, les deux élus indiquent ainsi soutenir "la simplification et l'adaptation de l'encadrement des aides d'États par l'UE afin de faciliter les investissements dans les secteurs stratégiques" et soulignent encore l'importance "d'instruments européens contribuant à réduire nos dépendances stratégiques et à renforcer notre souveraineté technologique, sur la base des critères de préférence européenne". 

Pas de baisse du budget de l'UE, mais pas de hausse de leurs contributions nationales

Si les deux gouvernants plaident pour "calibrer le niveau global des dépenses pour qu'il soit à la hauteur de nos ambitions" – en opposition à la "négobox" chypriote –, ils entendent pour autant "stabiliser [leur] contribution nationale au budget de l'UE" – leur situation budgétaire respective leur interdisant toute velléité de mettre davantage au pot. Ils militent en conséquence pour "la suppression de tous les rabais" et pour "avancer sur la voie de nouvelles ressources propres", en proposant notamment "une contribution numérique". Pour Emmanuel Macron, il s'agit de "trouver ou des ressources nouvelles pertinentes qui ne touchent pas nos acteurs industriels ou nos ménages, ou aller vers des mécanismes d'endettement commun". Le président aurait d'ailleurs chargé le gouvernement de trouver de nouvelles taxes européennes, indique Politico.

Défense, énergie, transports… 

Ce sommet a par ailleurs été l'occasion de réaffirmer le soutien à un certain nombre de projets communs dans le domaine de la défense, de l'énergie – sur le nucléaire ou pour "obtenir une révision efficace du système d'échange de quotas d'émission de l'UE pour réduire la volatilité du prix du carbone et atténuer son impact sur les prix de l'électricité" – ou encore des transports. En ce domaine, les deux gouvernants réaffirment notamment leur "attachement commun à l'achèvement" du Lyon-Turin "sur le plan financier" et leur "volonté de garantir l'accès à cette liaison", soutiennent le lancement de l'appel d'offres pour les nouveaux travaux de percement du tunnel historique de Tende (deux tubes séparés à terme) et "se réjouissent du lancement de l'appel d'offres pour le redémarrage de l'autoroute ferroviaire alpine", entre Aiton et Orbassano. Le sommet a également été marqué par la signature d'une déclaration d'intention sur le développement de la ligne ferroviaire Marseille-Nice-Gênes, récemment intégré aux projets transfrontaliers prioritaires pour les financements du futur mécanisme pour l'interconnexion en Europe (MIE) 2028-2034.

 

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