Un nouveau plan de lutte contre le plastique en mer, trois aires marines sous protection forte et neuf nouvelles réserves biologiques

Un an après la troisième conférence des Nations unies sur l'océan, Monique Barbut et Catherine Chabaud ont dévoilé, ce 9 juin, le plan interministériel 2026-2030 de lutte contre les déchets plastiques en mer. La ministre de la Transition écologique a également annoncé le placement de trois aires marines sous protection forte et la création de neuf réserves biologiques.

Pour célébrer l'anniversaire de la troisième conférence des Nations unies sur l'océan (Unoc-3), organisée à Nice l'an passé, la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, et sa ministre déléguée chargée de la mer et de la pêche, Catherine Chabaud, ont présenté, le 9 juin, un nouveau plan interministériel de lutte contre les déchets plastiques en mer couvrant la période 2026-2030, comme le comité interministériel de la mer du 26 mai 2025 en avait acté le principe. Et comme l'avait annoncé Catherine Chabaud le 7 mai dernier, lors de la présentation de sa feuille de route pour l'amélioration de la qualité des eaux littorales.

Une cinquantaine de mesures pilotées par les services de l'État ou ses agences…

Ce plan s'articule autour d'un axe transversal, consacré à la recherche, et de quatre axes thématiques relatifs à :
- la prévention des déchets plastiques à terre, "y compris en identifiant des alternatives au plastique", les ministres prenant ici l'exemple des gobelets plastiques à usage unique, dont l'interdiction prévue initialement au 1er janvier dernier par la loi Agec a pour mémoire été reportée par arrêté ministériel en 2030 ; 
- leur interception dans "les voies de transfert" (cours d'eau, réseaux d'assainissement, écoulements d'eaux pluviales…) ; 
- leur récupération sur le littoral et en mer ; 
- la coopération, la sensibilisation, l'information et l'éducation des acteurs. 

Il comprend une cinquantaine de mesures, certaines étant déjà mises en œuvre, qui seront pilotées par les services de l'État – direction générale de l'aménagement, du logement et de la nature (DGALN), direction de l'eau et de la biodiversité (DEB), direction générale de la prévention des risques (DGPR), direction générale des affaires maritimes, de la pêche et de l'aquaculture (DGAMPA), direction générale des infrastructures, des transports et des mobilités (DGTIM), préfets coordonnateurs de bassin –, mais aussi par l'Ademe, l'Office français de la biodiversité (OFB), le Cerema, les agences de l'eau, le centre de documentation, de recherche et d'expérimentation sur les pollutions accidentelles des eaux (Cedre) et l'éco-organisme Citeo. 

… dont certaines concernent directement les collectivités

Certaines d'entre elles intéressent directement les collectivités, comme celle visant à la publication d'un guide relatif aux dispositifs de captation des déchets à l'entrée et à la sortie des réseaux d'eaux, celle visant à évaluer l'opportunité d'étendre au niveau national l'appui apporté par le réseau Regard aux collectivités et exploitants de réseaux urbains du bassin Loire-Bretagne dans leur lutte contre les macrodéchets plastiques dans ces réseaux, celle visant à poursuivre l'identification des points d'amélioration dans la gestion des déchets dans les ports de pêche, de plaisance et de commerce, celle visant à recenser et partager les actions de sensibilisation et de prévention des déchets abandonnés dans les espaces naturels conduites en lien avec les plans de lutte contre les déchets abandonnés mis en place par certaines collectivités ou encore celle visant à augmenter le nombre des communes signataires de la charte nationale "Plages sans déchet plastique", aujourd'hui ratifiée par 130 collectivités.

Trois aires marines placées en zone de protection forte et neuf nouvelles réserves biologiques

Toujours dans le cadre de l'anniversaire de l'Unoc-3, à la veille duquel Agnès Pannier-Runacher avait annoncé "une accélération sans précédent de la protection forte" du domaine maritime français, la ministre a annoncé le placement de trois aires marines en zone de protection forte (telle que définie par un décret de 2022) : 900.000 km2 dans les Terres australes, 8,42 km2 à Petite-Terre, en Guadeloupe, et 0,09 km2 dans la baie d'Audierne, 51e zone humide d'importante internationale française (Finistère). Ce qui porte ainsi à 14,68% des eaux françaises sous protection forte. 

Par ailleurs, dans le cadre connexe de la stratégie nationale pour les aires protégées et de la stratégie nationale pour la biodiversité 2030, Monique Barbut a également annoncé ce 9 juin la création – ou l'extension – de neuf réserves biologiques représentant "157.000 hectares de forêts protégés supplémentaires". 

Dans le détail, une réserve biologique dirigée dans l'Hérault (extension de 12 ha dans les Tourbières du Somail) et huit réserves biologiques intégrales :
- 156.290 ha de forêts tropicales en Guyane (pitons rocheux d'Armontabo) ;
- 313,25 ha de hêtraie-sapinière de montagne dans les Vosges (Bannes-Ravines) ;
- 83,77 ha de forêt de feuillue ancienne en Seine-et-Marne (Buronnières) ;
- 147,49 ha de forêt d'altitude dans le Cantal (Chamalière-Peyre-Ourse) ;
- 52,88 ha de forêt de moyenne montagne à forte maturité biologique dans le Bas-Rhin (Chatte-Pendue) ;
- 175,78 ha de forêt ancienne dans la Meuse (100,18 ha aux Jumelles d'Ornes, 75,6 ha au Vau des Loups) ;
- une extension de 8,62 ha (pour un total de 193,23 ha) de forêts méditerranéennes et de garrigues boisées dans l'Hérault.

La France compte désormais 276 réserves biologiques, soit 132.510 ha, et 6,43% de son territoire terrestre placé sous protection forte – pour un objectif de 10% d'ici 2030.

 

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