Fonds Chaleur : près de 1.200 installations accompagnées en 2025 avec une forte croissance de la géothermie
Avec 801 millions d'euros en 2025, le fonds Chaleur va permettre la construction de 643 km de réseaux de distribution de chaleur et près de 1.200 installations nouvelles installations produisant 3,5 TWh par an de chaleur renouvelable et de récupération, selon le bilan annuel publié par l'Ademe ce 22 avril. Si la biomasse contribue pour plus de la moitié à cette production de chaleur, la géothermie a connu une forte croissance l'an dernier.
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Alors que la troisième programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE3) prévoit d'atteindre 60% d'énergie bas-carbone en 2030 et fixe l'objectif de 328 à 421 TWh de chaleur renouvelable et de récupération à horizon 2035 (à comparer aux 172 TWh de 2022), les réseaux de chaleur représentent "une solution essentielle, particulièrement en milieu urbain et dans les situations où les pompes à chaleur ne pourront pas être déployées", met en avant l'Ademe en publiant ce 22 avril le bilan 2025 du fonds Chaleur qu'elle gère depuis 2009.
L'équivalent de la consommation de chauffage de 200.000 logements
L'an passé, la totalité du budget du fonds (801 millions d'euros) a été engagée, "Avec une efficacité moyenne de 51,5 euros d'aide par tonne de CO2 économisée, c'est l'un des outils les plus les plus efficaces pour décarboner l'économie et réduire les importations de gaz", souligne l'Ademe. Près de 1.200 installations ont ainsi été accompagnées en 2025, permettant de couvrir l'équivalent de la consommation de chauffage d'environ 200.000 logements. L'Agence note que ce nombre important d'installations reflète la montée en puissance des contrats chaleur renouvelable – un dispositif du fonds permettant le financement de grappes de projets d'énergies renouvelables et de récupération (EnR&R) dont des projets de petite taille qui ne seraient pas éligibles individuellement – et une forte croissance des projets de géothermie (plus de 300 projets soutenus).
Important effet de levier des aides à l'investissement
L'an passé encore, le fonds Chaleur a majoritairement subventionné des investissements (727 millions d'euros d’aides à l’investissement générant plus de 2,4 milliards d'euros de dépenses dans des installations EnR&R, soit un effet de levier de 3,3) et financé dans une moindre mesure d’autres dispositifs d’accompagnement (études, animation des contrats chaleur renouvelable territoriaux, fonds de garantie géothermie, prêts bonifiés aux logements sociaux proposés par la Banque des territoires, etc.).
298 millions d'euros investis dans les réseaux
Les réseaux de distribution de chaleur ont représenté l’un des premiers postes du budget avec 298 millions d'euros d’aides à l'investissement, qui ont permis de financer 643 km de réseaux. Les chaufferies biomasse ont reçu 155 millions d'euros, la géothermie (de surface et profonde) 85 millions d'euros, et les équipements de récupération de chaleur fatale 21 millions d'euros. Pour le solaire thermique et les équipements de valorisation du biogaz par injection au réseau, 10,6 millions d'euros et 8,1 millions d'euros ont été respectivement engagés.
La biomasse toujours en tête
Les projets ayant bénéficié des aides à l’investissement du fonds Chaleur 2025 permettront de produire 3,5 TWh/an de chaleur renouvelable et de récupération additionnelle. C’est la biomasse énergie qui contribue le plus à cette production de chaleur (52%), suivie par la géothermie (21%) puis par la récupération de chaleur fatale (18%), la méthanisation (9%) et le solaire thermique (0,5%). Les émissions annuelles évitées par ces nouvelles installations s’élèvent à environ 777 ktCO2/an.
Priorités 2026
Le fonds Chaleur, dont le budget a été conforté à 800 millions d'euros en 2026, fait l'objet de conditions d'éligibilité et de financement révisées "afin de pouvoir accompagner davantage de projets", explique l'agence. La démarche de priorisation des énergies renouvelables est ainsi renforcée dans un contexte de tensions sur la ressource en biomasse et en particulier sur les plaquettes forestières dans certaines régions. Si la biomasse reste "essentielle pour les usages à haute température", elle devra ainsi faire l'objet de plans d'approvisionnement diversifiés.
L'Ademe affirme aussi, comme axes prioritaires, le déploiement de la géothermie de surface et profonde, dans le sillage du plan d'actions lancé par l'État en février 2023 et la poursuite des travaux sur la couverture des risques inhérents à la récupération de chaleur fatale industrielle.
Enfin, dans le cadre du programme France 2030, l'appel à projets BCIAT 2026 (Biomasse chaleur pour l'industrie, l'agriculture et le tertiaire) est en cours jusqu'au 17 juillet prochain pour soutenir des projets de production de chaleur renouvelable supérieurs à 12 GWh/an dans l'industrie et, sous condition, des projets de pyrolyse, pyrogazéification et de méthanisation en autoconsommation. L'appel à projets Biomasse chaleur pour l’industrie du bois (BCIB) s'achève quant à lui le 30 avril prochain. Il vise à soutenir la hausse des capacités de séchage du bois matériau des scieries à partir d'équipements décarbonés.