Le Parlement européen plaide pour développer le train à grande vitesse

Le Parlement européen apporte son soutien au plan de la Commission européenne visant à accélérer le déploiement du réseau ferroviaire à grande vitesse. Les députés considèrent que le réseau doit "desservir tous les grands nœuds urbains", tout en invoquant un "droit de chaque région à la connexion au réseau central européen".

Si, en France, la grande vitesse ferroviaire n'a souvent plus bonne presse, notamment depuis un rapport au vitriol de la Cour des comptes de 2014, et que les projets nouveaux sont vivement contestés, il n'en va pas de même dans l'Union européenne.

Pour preuve, le Parlement européen vient d'adopter, à une très large majorité (558 pour, 23 contre et 73 abstentions), une résolution appelant à "interconnecter l'Europe par le transport ferroviaire à grande vitesse". Les députés s'y félicitent du plan d'action de la Commission, adopté le 5 novembre 2025, visant à accélérer son déploiement, qui prévoit notamment de "relier les principaux nœuds à des vitesses égales ou supérieures à 200 km/h". Le Parlement soutient ainsi "les corridors à grande vitesse compétitifs dont la vitesse maximale est d’au moins 250 km/h, avec l’ambition de disposer de liaisons permettant d’atteindre 350 km/h, sous réserve d’analyses coûts-avantages indépendantes".

Le TGV paré de toutes les vertus

"Le transport ferroviaire à grande vitesse figure parmi les modes de transport les plus économes en énergie et, malgré sa dépendance au bouquet de production d’électricité, parmi les moins émetteurs pour la mobilité de masse à moyenne et longue distance", justifient notamment les parlementaires. Ils estiment en outre qu'il "constitue un atout stratégique pour les objectifs de l’Union en matière de compétitivité, de cohésion territoriale, de transfert modal, de neutralité climatique et d’autonomie stratégique" et que "son développement devrait contribuer à réduire les disparités territoriales et à renforcer la connectivité des régions périphériques et moins développées".

Un droit de chaque région à la connexion au réseau central européen

Ainsi, s'ils observent que le réseau "doit desservir tous les grands nœuds urbains", c'est, précisent-ils, "en veillant à ce que l'équité territoriale s'étende, au-delà des grandes métropoles, aux villes de taille moyenne et aux territoires périphériques" – à l'heure où, en France, certaines dessertes sont menacées. Ils considèrent en effet que "la connectivité au réseau central européen [doit] être traitée comme un droit structurel de chaque région". Ils invitent ainsi la Commission "à donner la priorité aux projets contribuant à l’achèvement des corridors transfrontaliers stratégiques, à l’achèvement du réseau central RTE-T et à la réduction des disparités qui existent de longue date en matière d’infrastructures". Tout en observant que le TGV "doit compléter les services ferroviaires conventionnels, régionaux et suburbains ainsi que les services de fret, sans jamais se faire à leur détriment". Un écueil souvent reproché, encore récemment, à l'ancienne "politique du tout TGV" hexagonale.

L'enjeu du financement

Un risque bien réel, à l'heure où les fonds se font plus que jamais rares. Ce qui explique sans doute que les parlementaires demandent que "le mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE), Interreg et d’autres fonds pertinents en gestion partagée soient orientés […] vers des projets à faible coût et à fort impact, […] en donnant la priorité aux itinéraires les plus courts et les plus rapides entre les grandes zones urbaines". Tout en plaidant pour que le financement au titre de ce même MIE soit "affecté en priorité aux tronçons transfrontaliers et au déploiement de l’ERTMS, afin de garantir que les objectifs du RTE-T pour 2030 soient atteints".

Plus largement, ils demandent, dans le prochain cadre financier pluriannuel, un "MIE ambitieux", "complété par le fonds européen pour la compétitivité afin de soutenir les investissements dans les infrastructures ferroviaires stratégiques, l’innovation, la capacité industrielle et l’acquisition de matériel roulant". Ils jugent en outre que les futurs plans de partenariats nationaux et régionaux devront "continuer à soutenir les investissements ferroviaires qui favorisent la cohésion économique, sociale et territoriale, y compris la modernisation des infrastructures ferroviaires à grande vitesse".

Mobilisation de l'ETS

Côté recettes, ils estiment que celles du système d’échange de quotas d’émission (Seqe ou ETS), en cours de révision, devraient être "mobilisées pour financer le transport ferroviaire à grande vitesse conformément aux priorités nationales, et pour promouvoir des mécanismes de financement innovants, tels que les obligations ferroviaires vertes, les garanties, le financement mixte, les partenariats public-privé et, le cas échéant, le modèle fondé sur une base d’actifs régulés, la monétisation des émissions évitées et un mécanisme d’octroi de crédits pour l’électricité équivalent au mécanisme existant pour les autres modes de transport".

 

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