Les associations d'élus et de professionnels (re)montent au créneau pour défendre le fonds chaleur
Redoutant une baisse du fonds chaleur dans le prochain budget, associations d'élus d'une part, organisations professionnelles de l'énergie de l'autre, montent cette année encore au créneau pour défendre ce dispositif favorisant une énergie décarbonée, compétitive et territorialisée.
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C'est devenu un marronnier de l'automne budgétaire. Alors que les débats sur le projet de loi de finances pour 2027 approchent, associations d'élus et organisations professionnelles de l'énergie montent au créneau pour défendre le fonds chaleur. Leur appel cette année se fait d'autant plus pressant que, d'après certains médias, l'on se dirigerait vers une diminution des crédits de ce dispositif – 500 millions d'euros, contre 800 millions d'euros l'an passé (lire notre article) –, et non vers une stagnation comme dans la précédente loi de finances.
Une décision à rebours de la sortie des énergies fossiles
"Une décision qui irait complètement à rebours de l’objectif prioritaire de sortie des énergies fossiles", s'émeuvent dans un communiqué commun daté du 23 septembre les membres du "Club Chaleur" (Amorce, AFPG, Cibe, Ernerplan, Fedene, SER et Via Sèva), de nouveau à l'offensive. Alors que "les besoins de chaleur représentent plus de 40% de la consommation d'énergie en France, encore majoritairement couverts par des énergies fossiles importées", ils soulignent que les quelque 11.000 nouvelles installations réalisées grâce au fonds, créé en 2009, ont permis de substituer l'an passé "l'équivalent de la consommation de chaleur d'environ 5 millions de logements" et d'économiser "2,6 milliards d'euros sur la balance commerciale". Et ce, avec un "ratio de 11 euros d'aide pour chaque MWh de gaz substitué, une valeur particulièrement efficiente du point de vue des finances publiques", ajoutent-ils. Ils arguent encore du fait que le portefeuille de nouveaux projets "cumule déjà un montant de demande d'aide atteignant plus du double" du budget actuel, et que réduire l'enveloppe "reviendrait à renoncer à de nombreux projets prêts à être réalisés […] et par voie de conséquence aux objectifs de la programmation pluriannuelle de l'énergie récemment publiée".
En contradiction avec la récente PPE 3
Une PPE3 qui "engage à plus que doubler la production de chaleur renouvelable et à tripler les livraisons via les réseaux d'ici [à] 2035", et qui prévoit également le développement des réseaux de froid, "lui aussi prévu […] avec un triplement des livraisons à l'horizon 2035", observent de leur côté les associations d'élus – AMF, APVF, France Urbaine, Intercommunalités de France et Villes de France – dans un courrier commun adressé au Premier ministre le 21 septembre. "La file d'attente des projets prêts à entrer en réalisation représente 6 TWH, soit un quart de l'objectif de la PPE 3", mettent-ils encore en exergue.
Par ailleurs, rappelant à Sébastien Lecornu que son gouvernement "a affirmé la décarbonation du mix énergétique comme une priorité nationale" – et même un "enjeu de sécurité nationale" – elles estiment impossible "de faire l'impasse sur le formidable potentiel des gisements de chaleur renouvelable ou de récupération présents partout sur le territoire", non sans mettre encore en avant les "2,4 milliards d'euros d'investissements" générés, "contribuant au dynamisme économique des régions".
Maintenir a minima l'enveloppe, et même la porter au-delà du milliard
Autant de raisons qui conduisent le "club Chaleur" à appeler le gouvernement à maintenir les crédits du fonds chaleur "a minima à 800 millions d'euros", les associations d'élus l'invitant même à faire croître l'enveloppe "au-delà d'un milliard d'euros". Un geste qui "permettra à de nombreux ménages d'accéder à un chauffage et à un refroidissement décarbonés, stables et compétitifs, tout en générant des investissements massifs et des emplois sur l'ensemble du territoire", concluent-elles.