Monique Barbut défend le projet de stratégie nationale bas-carbone et le plan d'adaptation devant le CNTE
Défendant ce 19 février le projet de stratégie nationale bas-carbone devant le conseil national de la transition écologique (CNTE), appelé à se prononcer sur le document, Monique Barbut a également dressé un premier bilan du troisième plan national d'adaptation au changement climatique. Elle y a annoncé qu'un "plan Canicule" serait présenté avant l'été, notamment afin d'assurer la continuité des services publics, "en particulier des établissements scolaires".
© Eric TSCHAEN-REA/ Monique Barbut à la sortie du conseil des ministres le 4 février
La parole à la défense. Ce 19 février, la ministre de la Transition écologique se faisait l'avocate du projet de stratégie nationale bas-carbone (SNBC) – présenté en décembre et récemment promu par ses services auprès de la presse – devant le Conseil national de la transition écologique (CNTE), qui rendait son avis sur le texte ce même jour.
SNBC 3 : des "choix politiques"
"Des choix politiques expliquent certains questionnements que vous avez pu avoir", argue la ministre. D'abord la réindustrialisation, "qui explique en particulier la prise en compte de notre empreinte carbone". Ensuite, la préservation de notre souveraineté alimentaire, qui "explique par exemple les trajectoires retenues pour l'agriculture", et plus précisément pour l'élevage, à l'origine de "la plupart des émissions dans le domaine agricole". Enfin l'efficacité budgétaire, qui "explique, par exemple, le choix de privilégier l'électrification des modes de chauffage et de recentrer les aides à la rénovation thermique vers les ménages les plus modestes". Ou encore de justifier une évolution moins optimiste des puits de carbone par la prise en compte des "connaissances scientifiques les plus récentes à ce jour".
Pnacc 3 : 80% des actions lancées
La ministre a également présenté devant le CNTE un premier bilan du troisième plan national d'adaptation au changement climatique (Pnacc 3), "adopté en mars 2025" mais définitivement dévoilé fin octobre 2025 par Michel Barnier. "Grâce à la forte mobilisation de l'État, des collectivités et de la société civile, plus de 80% des actions ont pu être lancées", s'est félicitée Monique Barbut. "Quand on dit 80%, cela ne veut pas dire que 20% sont en retard", précise son cabinet, en soulignant que toutes les mesures ne devaient pas être lancées en même temps.
À l'actif, la ministre mentionne le renforcement des connaissances, avec "la construction de trajectoires climatiques dédiées pour nos outre-mer" ou une meilleure mesure de "l'impact de ces trajectoires sur les ressources, en particulier l'eau grâce à la publication des projections d'Explore 2". Autres "étapes franchies", la récente insertion dans le code de l'environnement de la Tracc (trajectoire de réchauffement de référence pour l'adaptation au changement climatique) ou la déclinaison de guides d'adaptation par filières économiques.
Un volet financier vous manque…
Elle y ajoute encore la "préservation des moyens budgétaires dédiés à l'adaptation", en évoquant "l'augmentation historique" du fonds Barnier en 2025 – jugée insuffisante par I4CE –, la mission Adaptation pour accompagner les collectivités et la création d'un fonds de 30 millions d'euros pour accompagner les propriétaires face au retrait-gonflement des argiles. Il n'est pas certain que cela ait suffi à répondre aux attentes du CNTE, qui avait déploré – comme d'autres – l'absence de volet financier dans le texte dans son avis adopté le 28 janvier 2025. "Un an après son lancement, des actions ont été initiées mais la faiblesse structurelle est renforcée par les arbitrages rendus lors des [projets de loi de finances] successifs", déclare ainsi à l'AFP Nicolas Richard, vice-président de France Nature Environnement. "Ce n'est pas le plan de l'État, mais du pays, de l'ensemble des acteurs. Des entreprises, des collectivités… Le rôle de l'État, c'est d'orienter l'action", insiste le cabinet de la ministre pour signifier aussi "qu'il ne fallait pas considérer qu'implicitement, l'État avait vocation à financer le Pnacc".
Un plan Canicule avant l'été
Autres "mesures concrètes" vantées par la ministre, la publication en mai dernier d'un décret pour protéger les travailleurs des fortes chaleurs et les "efforts déployés pour accélérer la rénovation du bâti scolaire, notamment pour améliorer le confort d'été". Sur ce sujet, Monique Barbut a indiqué qu'un "plan Canicule" sera présenté avant l'été, "avec des mesures concrètes, par exemple pour renforcer la continuité des services publics, en particulier des établissements scolaires" – dont plusieurs avaient fermé leurs portes l'an passé face aux fortes chaleurs.
Elle a également indiqué attendre "pour l'été" les "remontées des conférences territoriales sur l'eau pour faire évoluer notre politique de l'eau". Évoquant enfin la prévention des risques, elle a estimé que "les événements récents montrent que le compte n'y est pas encore", en précisant que "les programmes d'actions de prévention des inondations (Papi) doivent continuer à être déployés". Un sujet sensible s'il en est, au moment où des crues et inondations historiques touchent l'essentiel du pays, remettant au premier plan les difficultés d'entretien des digues transférées par l'État aux collectivités (lire notre article de ce jour).